Pays de la Loire

Villiers-Charlemagne : le château de La Valette lauréat du Loto du patrimoine

Sélectionné par la Mission Patrimoine, le château de La Valette à Villiers-Charlemagne va restaurer ses communs et son éolienne Bollée, unique en Mayenne.

Au bord de la Mayenne, une éolienne Bollée unique dans le département attend sa renaissance aux côtés des communs du château de La Valette

Sur la rive de la Mayenne, à Villiers-Charlemagne, un géant de fer se dresse encore, silhouette figée face au courant. C’est la dernière éolienne Bollée debout dans le département, vestige d’une ingéniosité oubliée qui puisait l’eau en hauteur grâce à une roue et un mécanisme de levage aujourd’hui rare.

Autour d’elle, les communs du château de La Valette racontent une autre histoire, celle d’une ferme modèle du XIXe siècle où l’on pensait déjà la modernité agricole.

Tout commence vers 1860

Le comte Marie-Charles Sourdille de la Valette rêve d’un domaine à la hauteur de ses ambitions et de ses vaches Durham. Il fait bâtir des communs en partie sur d’anciennes dépendances, visibles sur le cadastre de 1829, avec une organisation pensée jusque dans les moindres détails.

Trois ailes en équerre s’ouvrent sur une vaste cour tournée vers la rivière, la buanderie se love près du château. L’architecte est resté anonyme, mais son sens de l’ampleur et de la fonctionnalité, lui, a traversé les décennies.

La fin du siècle apporte une nouvelle strate

Le prince Godefroy de La Tour d’Auvergne Lauraguais reprend le domaine, l’agrandit dans un esprit néo-régionaliste et fait installer, en 1891, cette fameuse éolienne Bollée qui alimentait le château en eau. Un poulailler dessiné par l’architecte Louis Legrand vient compléter l’ensemble la même année, preuve que rien, dans cette ferme modèle, n’était laissé au hasard.

En 1913, le domaine change de mains et entre dans la famille de Landevoisin, qui ne l’a plus quitté depuis. Cent dix ans plus tard, en 2023, la cinquième génération s’y installe à l’année. C’est elle qui porte aujourd’hui le projet baptisé Chouette La Valette, pensé pour redonner vie aux communs à travers une offre d’hébergement et d’accueil ouverte au public.

Mais le temps a fait son œuvre. Des infiltrations importantes fragilisent aujourd’hui les toitures en ardoise, les charpentes et certains planchers, par endroits effondrés. L’éolienne Bollée, elle, est gravement endommagée. Les travaux annoncés prévoient sa restauration après démontage, aux côtés de la consolidation des bâtiments agricoles.

La Mission Patrimoine intervient début 2026

Le projet a été retenu en mars 2026 par la Mission Patrimoine, confiée à Stéphane Bern et déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de FDJ United. Le chantier doit démarrer à l’automne 2026, pour une première tranche de travaux achevée en 2028.

Visible depuis le chemin de halage très fréquenté par les promeneurs le long de la Mayenne, le site n’attend plus que les moyens de sa restauration. La collecte de dons vient tout juste d’ouvrir.

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