
8 mars, Journée internationale des droits des femmes : Nantes s’engage pour une égalité réelle.
À l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, c’est une programmation culturelle et citoyenne dense, pensée pour faire de l’égalité femmes-hommes un enjeu concret et partagé.
Une ambition politique affirmée
Derrière la programmation festive se dessine une volonté politique claire. La municipalité nantaise s’est fixé un objectif ambitieux : devenir la première ville non-sexiste de France d’ici 2030. Un cap qui se traduit dès aujourd’hui par des mesures concrètes, à l’image du déploiement de 83 distributeurs de protections périodiques gratuites à travers la ville, ou de la transformation des cours d’école en espaces inclusifs favorisant l’égalité entre filles et garçons.
L’égalité, ici, ne se limite pas aux discours de tribune. Elle se construit dans l’urbanisme, dans les équipements publics, dans les pratiques éducatives.
Une programmation qui croise les regards
La richesse de cette édition tient à la diversité des formes proposées. Dès le 4 mars, la salle Sémaphore accueille « Ronces », un spectacle de la compagnie nantaise Kokeshi. Trois danseuses y revisitent la figure de la sorcière — longtemps persécutée, longtemps caricaturée — pour en faire un symbole de résilience et de puissance collective. Le spectacle fait écho à l’exposition « Sorcières » du Musée d’Arts de Nantes, tissant ainsi des liens entre création vivante et patrimoine culturel. L’entrée est gratuite.
Le même soir, à l’Hexafor, la conférence-spectacle « Rendre visibles les femmes oubliées de l’histoire » propose un autre angle : celui de la mémoire et de l’invisibilisation. Conçue par Anabelle Pasillas et Delphine Leroux, cette forme hybride mêle théâtre, histoire et sociologie pour rappeler combien les trajectoires féminines ont été systématiquement effacées des récits dominants.
La culture comme vecteur d’émancipation
Le 5 mars, le Conservatoire de Nantes accueille le concert BarbaraS – Daïdaïne, qui met en dialogue deux femmes artistes séparées de trois siècles : Barbara Strozzi (1619-1677), compositrice vénitienne pionnière dans l’art de la cantate, et Barbara (1930-1997), icône de la chanson française. Un dialogue poétique entre deux époques, deux voix, deux façons d’habiter un monde qui ne leur faisait pas toujours de place.
Dans les rues du quartier du Breil, les 5 et 6 mars, la compagnie Ecart propose « La marche des chants », une déambulation nocturne dansée et chantée, ouverte à toutes les femmes sans condition de pratique artistique. Occuper la nuit, s’y mouvoir librement, en faire un espace de célébration plutôt que d’appréhension : le geste est à la fois symbolique et politique.
Du sport, de l’histoire et de la participation citoyenne
Le week-end du 7 et 8 mars ne manque pas de densité. Au Gymnase du Croissant, la 11e édition de West Track Story réunit des équipes de roller derby venues de France et d’Europe pour deux jours de compétition. Ce sport de contact, majoritairement pratiqué par des femmes, incarne à sa manière l’appropriation de l’espace physique et du droit à la combativité.
Le samedi 7, une déambulation théâtralisée, « Les parts manquantes », invite le public à suivre les pas de six figures féminines de l’histoire de Nantes, de l’écrivaine à la scientifique, de la chanteuse à la peintre. Un parcours de 1,4 km, gratuit et accessible aux personnes à mobilité réduite, entre le Musée d’arts et le cimetière de la Bouteillerie.
Enfin, le 8 mars lui-même, l’association Les Affs organise un atelier participatif de contribution à Wikipédia, dédié aux féministes et militantes des droits des femmes en Europe centrale et orientale. Car l’égalité passe aussi par la visibilité numérique, et les encyclopédies en ligne restent aujourd’hui encore très largement dominées par des contributeurs masculins.
Une journée, un mois, un cap
Ce que dit cette programmation, au fond, c’est qu’il ne suffit pas d’une journée pour changer les équilibres. En déployant ses événements sur l’ensemble du mois de mars, Nantes choisit la durée sur l’instant, le processus sur le symbole. La Journée internationale des droits des femmes n’est pas une parenthèse : elle est un point d’appui pour un travail de long cours.
Les associations, compagnies artistiques et acteurs culturels du territoire sont, ici, les véritables chevilles ouvrières d’un projet collectif. La Ville en est le cadre et le partenaire — pas l’unique auteure.
Pour consulter l’ensemble de la programmation : metropole.nantes.fr/8mars