
Le Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Loire-Atlantique vient de faire l’objet d’un rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire, délibéré en janvier 2026. Un document de 76 pages qui dresse un bilan nuancé de cet organisme méconnu du grand public, mais dont le rôle est central dans le fonctionnement des mairies et collectivités du département.
13 158 fonctionnaires territoriaux
Basé à Nantes, le CDGFPT44 gère la carrière de 13 158 fonctionnaires territoriaux au service de 310 communes et établissements publics de Loire-Atlantique. Concrètement, c’est lui qui organise les concours pour recruter les agents des mairies, assure la médecine du travail des agents communaux, fournit des remplaçants temporaires aux collectivités en difficulté, conseille juridiquement les élus sur le droit de la fonction publique, ou encore accompagne les agents en reconversion professionnelle. En tout, 65 prestations différentes proposées aux collectivités du département.
Ses ressources proviennent principalement des cotisations versées par les communes affiliées, calculées sur leur masse salariale. En 2024, ses recettes ont atteint 11,1 millions d’euros, en hausse de 25 % depuis 2019. Une progression portée notamment par la médecine préventive, dont les recettes ont quadruplé sur la période, et par la mise à disposition d’agents temporaires.
La Chambre régionale des comptes salue le dynamisme de la coopération régionale animée par le CDGFPT44, qui coordonne les cinq centres de gestion des Pays de la Loire. En 2025, cette coopération a permis de mettre en place un contrat de prévoyance couvrant 66 400 agents territoriaux de toute la région, soit 1 542 collectivités concernées. Une réalisation qualifiée par les magistrats de « d’ampleur unique en France ».
Mais le rapport pointe aussi des faiblesses
La trésorerie de l’organisme a plus que doublé en cinq ans pour atteindre 6,46 millions d’euros fin 2024, soit 218 jours de charges courantes. Un niveau que la Chambre juge excessif, et qui pourrait justifier une révision à la baisse des cotisations demandées aux communes, donc in fine aux contribuables locaux.
Sur la gestion interne, les magistrats relèvent des lacunes en matière de ressources humaines, domaine qui constitue pourtant le cœur de métier de l’établissement : données d’effectifs peu fiables, télétravail non encadré réglementairement, absence de comptabilité analytique rendant impossible le calcul précis du coût de chaque prestation.
La recommandation la plus médiatisée porte sur l’attribution d’un véhicule de fonction à la directrice générale des services, que la Chambre juge irrégulière au regard des textes en vigueur. Le président Philip Squelard, qui préside l’institution depuis 1995, conteste vigoureusement cette analyse dans sa réponse, s’appuyant sur une référence juridique que les magistrats auraient selon lui mal interprétée.
Au total, cinq recommandations ont été formulées, portant sur la gestion des risques, la comptabilité analytique, la TVA sur les prestations facultatives, la fiabilisation des données d’effectifs, et le véhicule de fonction. Des recommandations auxquelles l’établissement dit vouloir répondre, pour l’essentiel, d’ici fin 2026.
Le rapport complet est consultable sur le site de la Chambre régionale des comptes Pays de la Loire.




