Loire-Atlantique

Centre de rétention administratif de Nantes : le préfet de Loire-Atlantique justifie « une urgence »

Vidéo- Le préfet de Loire-Atlantique Laurent Hottiaux défend la construction du futur centre de rétention administratif de Nantes, qu'il juge « urgente », face à une contestation locale qui s'intensifie.

Lors d’un échange avec la presse, ce mardi matin, 15 septembre 2026, le préfet de la région Pays de la Loire et de Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, a défendu la construction du centre de rétention administratif (CRA) de Nantes.

Face à une contestation locale qui ne faiblit pas, le représentant de l’État a détaillé les raisons qui, selon lui, rendent ce projet indispensable.

D’une capacité de 140 places, le CRA doit ouvrir à la fin du premier semestre 2028

Pour le préfet, son absence constituait jusqu’ici « une anomalie » dans une région de quatre millions d’habitants. Il justifie ce besoin par des chiffres qu’il avance lui-même : selon lui, près de 40 % de la délinquance de voie publique à Nantes serait liée à des ressortissants étrangers, pour la grande majorité, en situation irrégulière, ou en situation régulière mais impliqués dans des faits justifiant une reconduite.

Il évoque par ailleurs 33 points de deal recensés sur la métropole et des profils qu’il qualifie de « très lourds », en situation de radicalisation ou impliqués dans des trafics de stupéfiants.

Le préfet annonce par ailleurs vouloir multiplier les procédures à l’encontre des étrangers en situation régulière qui troubleraient l’ordre public, avec, selon la nature des infractions, un retrait de leur titre de séjour.

Quid de la mobilisation des opposants ?

Interrogé sur l’accélération du chantier et la mobilisation grandissante des opposants, Laurent Hottiaux réfute tout « passage en force ».

Il rappelle que le projet a été annoncé en 2022 et qu’il a été préparé pendant plusieurs années, avec, assure-t-il, le respect de toutes les procédures et concertations prévues à chaque étape. Il indique qu’aucun trouble à l’ordre public ne sera toléré sur le site : onze personnes ayant tenté d’y pénétrer ont été interpellées et remises à la justice.

Sur le volet environnemental, les opposants critiquent des mesures de compensation écologique réalisées à une quarantaine de kilomètres du site, à Notre-Dame-des-Landes, sur des terrains jugés sans lien avec les espaces détruits.

Une compensation environnementale à Notre-Dame-des-Landes

Le préfet conteste cette lecture. Il affirme que ces terrains appartiennent à l’État, qu’ils sont aujourd’hui dégradés et jonchés de déchets, et que les travaux prévus viseront précisément à les renaturer. Il ajoute que ces compensations restent, selon lui, proportionnées au regard des surfaces concernées et respectent le cadre légal.

Concernant une éventuelle activité agricole sur ces terrains, il indique que seules de petites parcelles avaient fait l’objet d’exploitations par le passé, sans que cela ne remette en cause, selon lui, la compatibilité avec les opérations prévues.

Maison à la Freusière à Notre-Dame-des-Landes, démolie en 2024.
©Pref44

Le projet de CRA nantais continue de cristalliser les tensions entre l’État, qui en fait une priorité sécuritaire, et ses opposants, qui contestent aussi bien la méthode que les choix environnementaux retenus.

Un temps, c’est sur la commune de Bouguenais que le Centre de Rétention Administrative devait s’ériger. Ce sera à l’opposé, au nord-est de la Métropole. Au sujet de l’emplacement finalement retenu, le Bois dormant, Laurent Hottiaux, n’y voit que des avantages :  à savoir la proximité de la Maison d’Arrêt Nantes Carquefou, non éloigné du centre-ville.

Le préfet explique qu’à l’heure actuelle, les policiers qui sont chargés du transport des personnes vers les CRA vont vers Rennes, Orléans ou Rouen. Le futur CRA de Nantes devrait employer entre 180 et 200 personnes.

Le tribunal administratif déboute les collectifs opposés au projet

Ce mardi 15 septembre 2026, le juge des référé du tribunal administratif de Nantes a rendu sa décision. Il rejette la demande de suspension du chantier du centre de rétention administrative formulée par quatre collectifs et associations opposés au projet. Ces derniers avaient saisi le juge des référés lundi 14 septembre, dénonçant le caractère illicite des opérations de déboisement engagées dès le 7 septembre, et réclamaient l’arrêt de l’ensemble des travaux malgré la contestation entourant ce dossier. Dans sa décision, le juge déboute les requérants, ouvrant ainsi la voie à la poursuite des abattages d’arbres et du chantier dans son ensemble.

Les opposants ne comptent toutefois pas en rester là, deux nouveaux recours étant annoncés, l’un portant sur l’autorisation environnementale accordée au projet, l’autre visant le permis de construire. La mobilisation contre le Cra se poursuit samedi 19 septembre avec une nouvelle manifestation.

Visuel de Une : © Alain Moreau. Vidéo © Alain Moreau, interview menée au micro de Céline Loizeau de Ici Pays de la Loire et d’Hugo Guyon de Télénantes.

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