La saison des champignons est lancée et les paniers reprennent le chemin des sous-bois. Comme chaque automne, l’Office national des forêts (ONF) Pays de la Loire rappelle les règles de cueillette dans les forêts domaniales. Elles sont simples. Les ignorer peut coûter cher.
Une tolérance, pas un droit
Sur le papier, ramasser des champignons suppose l’autorisation préalable du propriétaire du terrain, comme le prévoit l’article 547 du Code civil. Dans les forêts domaniales, l’ONF tolère la cueillette à deux conditions : qu’elle serve à une consommation familiale et que les prélèvements restent raisonnables. Le plafond est fixé à 5 litres par personne.
Ce que risque le cueilleur trop gourmand
Passé 5 litres, la cueillette devient frauduleuse et des contrôles peuvent avoir lieu. Entre 5 et 10 litres, l’amende s’élève à 135 € (article R163-5 du Code forestier). Au-delà de 10 litres, on bascule dans le délit, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende en application de l’article 311-3 du Code pénal et de l’article L163-11 du Code forestier.
Au Gâvre, pas de cueillette le jeudi
Des restrictions peuvent aussi être fixées par arrêté préfectoral. En Loire-Atlantique, c’est le cas en forêt domaniale du Gâvre : la récolte y est autorisée tous les jours de 9 h à la tombée de la nuit, sauf le jeudi. La même règle s’applique en Sarthe, dans les forêts domaniales de Sillé-le-Guillaume, Perseigne et Bercé.
Avant de partir
Prévenir ses proches de sa destination reste le premier réflexe. Chaque année, des secours sont déclenchés pour retrouver des cueilleurs égarés. Sur place, mieux vaut vérifier que le ramassage est autorisé : les parcelles de jeunes semis et celles en régénération sont interdites, car le piétinement écrase les jeunes pousses et compromet les futurs peuplements.
La voiture se gare sur les emplacements prévus, jamais devant une barrière, sans bloquer les voies réservées aux secours ou aux travaux forestiers. Une tenue voyante est conseillée, et les zones d’exploitation forestière comme les zones de chasse sont à éviter.
Le panier plutôt que le sac plastique
Fragiles, les champignons s’écrasent et s’abîment dans un sac plastique. L’ONF recommande le panier, et un tri à la lumière avant de repartir. Les espèces non comestibles restent sur place, intactes. Seuls les champignons de taille adulte et en bon état méritent d’être cueillis ; les plus petits, les vieux, les abîmés et ceux qui ont gelé restent en forêt. Dans le panier, on sépare les espèces connues de celles qu’on ne connaît pas.
Arracher, pas couper
Contrairement à une idée répandue, l’ONF conseille d’arracher le champignon entier plutôt que de le couper. Le pied porte des indices précieux pour l’identifier : feutre mycélien, forme de la base, débris de bois, couleur. Pas question pour autant d’emporter de grosses mottes ou de retourner la terre autour. L’humus, cette couche superficielle d’une dizaine de centimètres, est indispensable à la vie du champignon.
Méfiance avec les applications
Les applications mobiles de reconnaissance ne sont pas fiables : elles se trompent dans la moitié des cas, avertit l’ONF. La France compte près de 30 000 espèces de champignons, et les cas d’intoxication ont fortement augmenté ces derniers temps. Au moindre doute sur la comestibilité d’une récolte, il faut demander l’avis d’un pharmacien ou d’un mycologue.
À table aussi, la modération s’impose. Les forestiers recommandent de consommer les champignons en petite quantité, et jamais au cours de plusieurs repas consécutifs.
Pour rappeler les bons gestes en forêt et les raisons de les respecter, l’ONF a publié une charte du promeneur, « J’agis pour la forêt ».
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