Nantes

Chantiers Navals, première station à demi-quais

À l'occasion de la visite de chantier de lundi, les stations Chantiers navals et Médiathèque dévoilent le design retenu pour les lignes 6 et 7 du tramway nantais, signé landForma.

Lundi, à l’occasion de la visite de presse consacrée à l’avancement des travaux du tramway, deux stations dessinées pour les futures lignes 6 et 7 ont pu être découvertes en chantier, aux emplacements Chantiers navals et Médiathèque.

Ces édicules signent l’identité visuelle retenue pour l’ensemble du réseau des lignes de l’Île, qui recomposera les liaisons entre Rezé, le cœur nantais et les territoires nord et ouest de la métropole. Le projet est signé par l’agence landForma, en collaboration avec l’artiste designer Sovann Kim, pour le compte de Nantes Métropole.

Une géographie urbaine repensée

Au-delà de la seule infrastructure de transport, le projet engage une réinvention de l’espace public à toutes les échelles, des voies locales jusqu’aux grandes pénétrantes métropolitaines. Les débranchements des lignes 6, 7 et 8, conçus comme des séquences souples et lisibles, prennent place dans les dilatations existantes du tissu urbain, avec l’ambition de transformer des espaces jusqu’ici résiduels en véritables articulations de ville. Les stations et pôles d’échanges sont ainsi pensés comme des places métropolitaines à part entière, capables d’accueillir les usages du quotidien et d’intensifier les liens entre quartiers.

Une géo-histoire nantaise revendiquée

Pour concevoir ces stations, le concepteur dit s’être appuyée sur l’identité même de Nantes, ville où le voyage, réel ou onirique, occupe une place centrale : du quai de la Fosse aux Anneaux de Buren, en passant par les Machines de l’île et la ligne verte du Voyage à Nantes.

Cette lecture fine du territoire, croisant architecture et paysage, est présentée comme le cœur de la démarche de l’agence. Le dessin des nouvelles stations a été développé en écho direct à la géométrie des aubettes historiques imaginées par l’architecte et urbaniste Jacques Dulieu.

Station Chantiers navals et Médiathèque : la baleine nantaise prend forme

Le parti pris esthétique s’appuie sur une référence assumée au monde marin. L’ossature des stations rappelle celle d’une baleine, clin d’œil à l’activité portuaire de la ville et aux Machines de l’île. Cette trame de nervures se décline à toutes les échelles, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, et alterne pleins et creux pour ouvrir des fenêtres sur la ville. Elle apporte à l’ensemble une légèreté recherchée tout en abritant les voyageurs.

Conçue pour traverser le temps long comme les saisons, cette architecture s’adapte à tous les climats. La modularité de la structure permet d’absorber et de réfléchir la lumière au sol, créant un système d’ombrage transparent qui laisse l’intérieur lumineux tout en protégeant les usagers.

Une trame réglée au mètre près

Verticalement, les montants suivent un rythme régulier, avec un pas d’un mètre, pensé pour que les vitrages au fond des abris restent faciles à manipuler et à adapter aux accroches du mobilier.

Horizontalement, trois lignes structurent la station : une ligne haute pour la lisse du garde-corps, une ligne médiane pour les appuis ischiatiques, et une ligne basse pour les bancs. Le mobilier s’accroche directement sur les montants du garde-corps, de manière invisible, dans le prolongement de l’ossature.

Un dialogue entre intérieur et extérieur

Un jeu de contrastes s’installe entre l’ossature de la station et sa peau. À l’intérieur, une double peau associe verre transparent et ombrière, pour se protéger des fortes chaleurs tout en laissant filtrer la lumière ; les retours latéraux enveloppent les voyageurs. À l’extérieur, la peau en verre glisse sur la structure, à l’image de la mer sur la coque d’un navire.

Le travail sur la forme se décline en trois axes. Les potelets adoptent une forme arrondie et adoucie en partie haute, avec une rainure sculptée qui crée un jeu d’ombre le jour et intègre un éclairage vert la nuit, à l’entrée des stations. L’expérience du voyageur est pensée comme une architecture domestique : les assises généreuses se prolongent en tablette, permettant de poser un sac, de s’appuyer, de discuter ou de recharger son téléphone en attendant la rame.

Aluminium et teintes chaudes

Côté matériaux, l’aluminium de la structure reçoit une finition gris clair métallisée, à la surface légèrement scintillante selon la luminosité. L’ombrière adopte quant à elle une teinte chaude, proche des terres de Sienne et d’ombre, qui renforce la dimension protectrice de l’ensemble. Cette alternance de clair et de brun évoque l’imaginaire du grand voyage tout en installant une écriture domestique. Une manière, pour l’agence de design, de reprendre ce que Jacques Dulieu avait initié avec les aubettes historiques : faire signal dans la ville, tout en offrant l’échelle d’une protection intime.

Visuel de Une : © Landforma

Articles similaires