Loire-Atlantique

Châteaubriant : le SAC s’impose, Florian Grill applaudit 

Ce dimanche 29 mars, le stade Nelson Mandela de Châteaubriant a vécu une journée à double titre. Sur le terrain, le SAC a dominé Seiches-sur-le-Loir 29 à 25 dans un match accroché, confirmant ses ambitions en Régional 2. Dans les tribunes, Florian Grill, président de la Fédération française de rugby, observait. Lui qui sillonne les clubs de France chaque week-end avait fait de Châteaubriant son étape du jour, et il n'est pas venu les mains vides : derrière la poignée de mains et le repas partagé avec quatre-vingts anciens joueurs, sponsors et dirigeantsdu club, c'est un plaidoyer pour le rugby des territoires qu'il est venu porter.

Le Sport Athlétique Castelbriantais a tenu sa promesse ce dimanche 29 mars au stade Nelson Mandela. Victoire 29 à 25 face à Seiches-sur-le-Loir, devant le président de la Fédération française de rugby venu en ami.

On l’avait annoncé il y a quelques jours : Florian Grill serait à Châteaubriant. Il était bien là. Et le SAC lui a offert ce qu’il est venu chercher partout en France chaque week-end : du rugby vrai, âpre, engagé, celui qui ne fait pas de bruit dans les grands médias mais qui fait battre le cœur de l’ovalie française.

29 à 25 : les locaux ont tenu bon

Le match n’a pas volé son qualificatif d’indécis. Pendant quatre-vingts minutes au stade Nelson Mandela, les deux équipes se sont rendues coup pour coup dans une rencontre à haute intensité physique. Seiches-sur-le-Loir, troisième du classement avant ce déplacement, n’a jamais rendu les armes, revenant au score à plusieurs reprises pour nourrir le doute jusqu’au bout.

Mais le SAC, plus solide dans les moments clés, plus tranchant dans la gestion des phases finales, a finalement déroulé le fil de sa victoire : 29 à 25.

Ce succès confirme la belle dynamique des Castelbriantais en cette fin de saison. Deuxièmes au classement de Régional 2, ils continuent de regarder vers le haut.

Quatre-vingts anciens joueurs, sponsors et dirigeants à table, une tradition bien vivante

Avant l’heure du coup d’envoi, la journée avait déjà pris une tournure particulière. Au house club du SAC, quatre-vingts anciens joueurs du club s’étaient retrouvés autour d’un repas commun, une tradition que le rugby de territoire entretient mieux que n’importe quel autre sport. Et à cette table-là, un invité de marque : Florian Grill.

Le président de la FFR à Châteaubriant

Le président de la Fédération française de rugby ne fait pas semblant quand il dit vouloir aller au contact des clubs. Il le fait. Semaine après semaine, pelouse après pelouse. « Je suis un président de la Fédé qui vient au contact des clubs », confie-t-il, sans emphase. C’est sa façon d’être, et Châteaubriant en a eu la démonstration.

« Le rugby des villages et des villes moyennes »

Ce que Grill est venu défendre ici, il le résume avec une clarté qui n’appartient qu’aux convaincus : « Ce qu’il faut, c’est soutenir le rugby des villages et des villes moyennes. » Et il appuie son propos sur un chiffre qu’on aurait tort de négliger : « 50 % des joueurs et joueuses des équipes de France viennent de villes ou de villages de moins de 15 000 habitants. Et si ce rugby-là n’existe pas, le rugby d’en haut n’existe pas non plus. »

Châteaubriant, 12 000 habitants, un club de Régional 2, des gamins qui poussent, illustre exactement ce dont il parle.

Un territoire où l’envie est là

Le président fédéral ne cache pas son enthousiasme pour la région. « En Pays de la Loire, il y a une envie de rugby qui est phénoménale », dit-il. Il cite en exemple le derby vendéen de la veille, à La Roche-sur-Yon : « Il y avait 3 000 personnes dans le stade. Une ambiance de feu. » Et d’observer que cette appétence ne se traduit pas encore dans les infrastructures : « Il y a 105 terrains de rugby pour 1 500 terrains de foot. »

D’où l’enjeu de sa venue ici, et de toutes ses venues dans les clubs. « Mon job, c’est de venir voir les collectivités, les régions, les départements, et de les convaincre qu’il faut investir dans le rugby. » À Châteaubriant, il dit avoir eu « une très bonne conversation avec le maire », sensible à ce que le rugby peut apporter à la société, et notamment au développement du rugby féminin.

Des terrains synthétiques, un levier pour tous

La question des installations revient dans son discours avec insistance, parce qu’elle est au cœur du développement. Des terrains synthétiques, plaide-t-il, ce n’est pas un luxe : « Ça permet de jouer plus régulièrement, de les mutualiser avec le scolaire. À Châteaubriant, il y a du potentiel avec les lycées, les collèges, l’enseignement primaire qui peuvent venir jouer dans la journée, et le club en soirée. Des investissements très cohérents. »

Et il conclut là-dessus avec la formule qu’il affectionne, celle qui dit tout de sa philosophie : « Au rugby, on ne transforme pas que les essais, on transforme aussi les personnes. »

Un club qui grandit

Le SAC n’est pas un club qui attend. Grill le note lui-même, avec une pointe de satisfaction : « Il y a du rugby à 5, du rugby féminin, du rugby chez les jeunes. C’est un club qui a une étoile, qui va avoir sa deuxième étoile. Le rugby grandit, mais il a besoin des installations qui vont avec. »

La victoire de ce dimanche en est une nouvelle illustration. Le SAC grandit sur le terrain. Il reste à construire, autour, les conditions pour que cette croissance dure.

Visuels et vidéo : © Alain Moreau.

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