
Climat : la France doit enfin passer des mots aux actes.
Hier, 4 février 2026, l’Assemblée nationale a franchi un cap symbolique. Elle a définitivement adopté la proposition de résolution présentée par Julie Larnoës, députée de la deuxième circonscription de Loire-Atlantique. Cette proposition vise à renforcer l’ambition climatique de la France à l’échelle européenne. Dans un contexte mondial marqué par le recul des ambitions écologiques et la montée du climatoscepticisme, ce vote sonne comme un appel à la responsabilité.
Il ne s’agit pas d’un simple geste symbolique : « le vote d’une résolution constitue l’un des moyens d’expression propres du Parlement. Il permet aux députés d’affirmer une position politique distincte de la réponse législative, en exprimant un avis clair sur une orientation stratégique » insiste la députée écologiste de Loire-Atlantique. En clair, la France affirme sa position sur l’avenir de l’action climatique, même si le chemin reste semé d’embûches.
La résolution envoie un message clair au Gouvernement
Il doit « soutenir et respecter avec exigence les engagements et objectifs climatiques européens, protéger les politiques du Pacte vert face aux attaques portées par les forces conservatrices et climatosceptiques, et accélérer la révision nos feuilles de route énergétiques et climatiques nationales ». C’est une invitation à mettre fin aux demi-mesures et à donner de la cohérence et de la crédibilité à l’action française.
Mais sur la scène internationale, la France tarde à montrer l’exemple. Après l’échec de la COP 30, la Colombie organise en avril prochain une conférence dédiée à la sortie des énergies fossiles et « a proposé à la France, en tant que pays hôte du G7, d’en assurer la coprésidence ». Or, aucune réponse n’a été donnée par le Gouvernement, laissant finalement les Pays-Bas occuper ce rôle. Cette absence de position « n’est pas à la hauteur des responsabilités de la France » et illustre la nécessité d’un véritable changement de braquet.
« Cette résolution ne réglera pas tout, mais elle est essentielle aujourd’hui ».
Dans un monde où les reculs écologiques s’accumulent, elle redonne espoir et légitimité aux acteurs de terrain : communes, associations, élus locaux et citoyens engagés pour le climat. Elle rappelle que « l’Europe et la France doivent être au rendez-vous de celles et ceux qui agissent déjà concrètement sur le terrain ».
C’est aussi un message pour nos territoires : l’action climatique locale mérite soutien, reconnaissance et cohérence avec des décisions nationales et européennes « cohérentes, stables et ambitieuses ». L’adoption de cette résolution est un pas symbolique, mais elle appelle surtout à passer à l’action. L’urgence est là, et le temps des mots est terminé.
Visuel de Une © Dylan Marchal/Assemblée nationale.