
Du 9 septembre au 11 octobre, l’espace international de la Ville de Nantes consacre son rendez-vous annuel à l’enfance, avec une programmation qui ne se contente pas de célébrer la légèreté enfantine mais s’attarde aussi sur les guerres, les déplacements forcés et les inégalités qui pèsent sur des millions de jeunes dans le monde.
Chaque rentrée, Cosmopolis choisit un thème de société et l’explore pendant un mois. Après le sport en 2023, les rites funéraires en 2024 et les frontières en 2025, l’édition 2026 se tourne vers l’enfance, sous l’intitulé Enfance(s), grandir quelque part. Le vernissage a lieu ce mardi 8 septembre à 18 h 30, en présence d’Edith James, adjointe à la maire de Nantes chargée de l’Éducation.
Le parti pris de cette édition surprend par sa franchise
Aux portraits joyeux d’enfants et de leurs objets préférés signés du photographe Gabriele Galimberti répondent les dessins d’enfants témoins ou victimes de guerres, réunis dans le projet Déflagrations sous le commissariat de Zérane S. Girardeau.

Autour de ces dessins, plusieurs artistes ont été invités à répondre par leur propre travail, dont Enki Bilal, Ernest Pignon-Ernest au fusain et la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, avec la voix de l’anthropologue Françoise Héritier en accompagnement.
Dessins d’enfants témoins de guerre et création artistique
Le point d’orgue de ce volet se tient le samedi 26 septembre à 17 h, avec la rencontre Enfances percutées, grandir en guerre. Zérane Girardeau y dialogue avec Ahmad Ashour, enseignant-chercheur à l’université de Tours accueilli en France dans le cadre du programme Pause, qui a dirigé pendant quinze ans l’Institut Tamer à Gaza.
Autre temps fort de ce fil, la projection le 15 septembre du documentaire Premières classes de Kateryna Gornostai, qui suit des écoles ukrainiennes maintenues ouvertes malgré la guerre.
Un autre pan du programme s’attache à l’adoption internationale. Le 19 septembre, une table ronde réunit les associations KoreaNantes et Hetsika ainsi qu’Yves Denéchère, professeur d’histoire à l’université d’Angers, autour des parcours identitaires des personnes adoptées devenues adultes.
Décryptages ne se limite pas aux conflits armés
Le 9 octobre, une table ronde consacrée à la pauvreté infantile en Europe réunit des élus d’Anvers et de Bologne ainsi qu’un sociologue nantais, autour du chiffre de vingt millions d’enfants européens exposés au risque de pauvreté selon la Commission européenne, soit un quart des enfants de l’Union.

Une partie de la programmation donne aussi la parole aux enfants eux-mêmes. La géographe Anne-Cécile Ott propose le 3 octobre un atelier suivi d’une conférence sur la manière dont les enfants perçoivent les enjeux globaux, tandis qu’Aude Hazard s’interroge le 24 septembre sur la génération alpha chinoise.
Le programme prend aussi de la hauteur historique, avec une rencontre à la médiathèque Jacques Demy sur la place de l’enfant depuis la préhistoire, une conférence d’archéologie romaine en lien avec le Chronographe, et des visites guidées au musée d’Arts de Nantes.
Vingt millions d’enfants pauvres en Europe
Le volet littéraire n’échappe pas à la gravité du thème, avec la venue d’Abigail Assor pour son roman La Nuit de David, celle de l’écrivain québécois Uashteskun autour de la question de grandir autochtone, et un café littéraire consacré aux sociétés imaginaires composées uniquement d’enfants.
Cosmopolis n’a pas oublié les familles : un espace de lecture et de jeux reste accessible tout le mois, complété par plusieurs ateliers parents-enfants sur réservation, et une après-midi festive de clôture le 10 octobre.
Vingt millions d’enfants pauvres en Europe
L’ensemble se déploie sur plusieurs lieux nantais, entrée libre dans la majorité des cas, avec le soutien d’une vingtaine de partenaires associatifs et institutionnels.
En choisissant de traiter l’enfance sans en gommer les zones d’ombre, l’édition 2026 fait d’un mois culturel grand public un espace de discussion sur des réalités que l’actualité internationale rend, cette année encore, particulièrement pressantes.
Visuels : © Annie Spratt/Greg Rosenke/Mahamad Azaa




