Loire-Atlantique

Des flammes sur les panneaux pour dénoncer le « sabotage climatique »

En Loire-Atlantique et partout en France, des citoyens collent des stickers de flammes sur les panneaux de leurs communes. Une action symbolique pour alerter sur l'inaction climatique pendant la COP 30 de Belém.

Des flammes sur les panneaux pour dénoncer le « sabotage climatique »

L’automobiliste qui entre dans Nantes, Vertou ou Mouzillon depuis quelques jours découvre un spectacle inhabituel : le panneau de sa commune semble dévoré par les flammes. Un sticker rouge et orange, collé par des habitants, simule un incendie. Au centre, une inscription sans équivoque : « STOP SABOTAGE CLIMAT ».

Des flammes sur les panneaux pour dénoncer le « sabotage climatique »
Des membres du GIGNV et d’Action non-violente COP21 collent des flammes « Stop sabotage climat » sur le panneau de Rezé © GIGNV

Derrière cette action, des citoyens de Loire-Atlantique et des militants du Groupe d’intervention et de gestion non-violente (GIGNV), répondant à l’appel d’Action non-violente COP21. Leur objectif : alerter sur les catastrophes climatiques qui frappent déjà leur territoire — inondations à répétition, vagues de chaleur de plus en plus intenses — et dénoncer l’inaction des responsables politiques et industriels.

« Nous ne laisserons pas hypothéquer notre futur »

« Nous ne laisserons pas les dirigeants économiques hypothéquer notre futur pour leur profit », déclare Clémence, l’une des colleuses. Au moins huit communes de Loire-Atlantique ont déjà vu leurs panneaux recouverts : Nantes, Rezé, Carquefou, Thouaré-sur-Loire, Couëron, Indre… « Soyons nombreux et nombreuses à agir pour les contraindre à respecter les engagements internationaux », poursuit-elle.

L’action intervient alors que s’ouvre à Belém, au Brésil, la COP 30 — trente ans après le Sommet de la Terre de Rio. Pour les activistes, cette nouvelle conférence sur le climat risque de reproduire le schéma des précédentes : des promesses non tenues, des engagements vidés de leur substance par les lobbies fossiles et les pays riches.

Un mouvement qui s’étend à tout le territoire

Le mouvement ne se limite pas à la Loire-Atlantique. Des dizaines de panneaux ont été recouverts en Haute-Saône, en Isère, dans l’Hérault, la Somme, le Haut-Rhin, le Val-de-Marne, le Loiret ou encore les Bouches-du-Rhône. Action non-violente COP21 et le GIGNV appellent à reproduire l’opération « de commune en commune ».

Des flammes sur les panneaux pour dénoncer le « sabotage climatique »
Les communes de l’est de Nantes et du vignoble ont reçus leur label © GIGNV.

Les revendications sont claires : la mise en place d’un calendrier contraignant de sortie des énergies fossiles pour tous les États, et des mesures concrètes pour une justice climatique internationale. « Depuis dix ans, l’Accord de Paris est saboté par l’industrie fossile et les pays riches », dénonce le mouvement dans son communiqué.

Un sentiment d’urgence partagé par les Français

Ces actions reflètent un sentiment largement partagé. Selon une récente étude Ipsos pour le Réseau Action Climat, 68 % des Français estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas suffisamment agi pour l’environnement. La multiplication des catastrophes climatiques — sécheresses, incendies, inondations — alimente une anxiété croissante, en particulier chez les jeunes générations.

Dix ans après la COP 21 de Paris, qui avait dynamisé la lutte climatique et sociale, la COP 30 de Belém sera-t-elle à l’origine d’un nouveau mouvement « plus chaud que le climat » ? Pour les activistes de Loire-Atlantique et d’ailleurs, une chose est sûre : l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action.