
« Avez-vous déjà vu une grosse araignée ? » La question a été posée vendredi 25 septembre par des élèves de 6e du collège Auguste Mailloux, au Loroux-Bottereau. En face d’eux, deux invités qui venaient de loin. Valdecir et Piyõkari Piyãko Ashaninka vivent dans le Haut Juruá, en Amazonie brésilienne, et il leur a fallu plus de cinq jours de voyage, depuis leur départ de la forêt, pour arriver en France.
Accueillis par l’association Amazônia du 4 au 27 septembre, les deux jeunes représentants du peuple Ashaninka sont agroforestiers dans leur village. Leur séjour avait un objectif précis. Il s’inscrivait dans le projet « Bioéconomie amazonienne », qui vise à développer une filière d’huiles essentielles dans leur région, en valorisant durablement la biodiversité et les savoir-faire locaux.
De la Lozère à la Loire-Atlantique
Toute la chaîne de production leur a été enseignée du 7 au 13 septembre, en Lozère, par l’entreprise Essenciagua : récolte des plantes, stockage, distillation, utilisation du matériel, production puis conditionnement des huiles. Les échanges ont continué en Loire-Atlantique. Cette fois, auprès de producteurs locaux.
Au collège, où ils étaient invités, Valdecir et Piyõkari ont présenté leur peuple, leurs traditions, leur mode de vie et leur quotidien. Le public n’avait pas été choisi au hasard. Dans leur village, la transmission des savoirs aux enfants, notamment celui des plantes, fait partie de la vie de tous les jours.
Des questions simples, d’autres beaucoup moins
Les collégiens ont beaucoup écouté. Puis ils ont beaucoup demandé. Écologie, environnement, animaux de la forêt amazonienne : les questions allaient de l’araignée, qui disait bien le choc des cultures, jusqu’au plus sérieux, avec cette interrogation adressée aux deux agroforestiers : « Ressentez-vous les impacts du changement climatique dans votre quotidien ? »
Autour d’eux se trouvaient Julien Orain, président d’Amazônia, et Marie-Agnès Simonneau, de l’association, Ugo Bessière, conseiller départemental chargé du projet agricole et alimentaire du Département, Arina Audovychenko et Frédérique Lamiral, chargées de projets internationaux, Laurent Ayrault, principal du collège, ainsi qu’Emmanuel Rivery, maire du Loroux-Bottereau.
Mille arbres sur une ancienne vigne
La journée s’est terminée sur le terrain. Les deux Ashaninka ont visité l’un des deux espaces de biodiversité de la future forêt communale, un projet de la Ville mené en partenariat avec plusieurs acteurs, dont Amazônia.
Il s’agit d’une ancienne parcelle viticole, offerte à la commune par Anne Beunier. L’association va y planter un boisement de 1 000 arbres bocagers, dans le prolongement des actions municipales en faveur de la biodiversité et du reboisement. La plantation renforcera aussi un corridor écologique, cette zone qui permet aux espèces de circuler d’un milieu à un autre.
Un appel aux bénévoles pour le 14 novembre 2026
Pour planter, il faut des bras. La plantation aura lieu le samedi 14 novembre 2026, de 9 h 30 à 17 h 30, sur le site de La Grenouillère, au Loroux-Bottereau, et chacun peut y participer en s’inscrivant sur https://go.loroux.fr/amazonia. Les élèves rencontrés le 25 septembre sont eux aussi invités à venir mettre les mains dans la terre, une façon de prolonger concrètement l’échange avec leurs deux visiteurs.
Le projet ne s’arrêtera pas là. Amazônia l’étendra ensuite à la zone du Clos du Plessis, sur une autre parcelle offerte à la Ville par Anne Beunier. Cette forêt s’inscrit dans la démarche de participation citoyenne de la commune du Loroux-Bottereau.
Créée en 2017 par un collectif citoyen, Amazônia est une association loi 1901 d’intérêt général. Elle soutient des projets collectifs en Amazonie brésilienne avec le peuple Ashaninka et mène en France des actions pensées dans un esprit de réciprocité, pour préserver la biodiversité et le vivant.




