Éducation prioritaire en Loire-Atlantique : des écoles de se mobilisent.
Ce vendredi 14 novembre 2025, des écoles du collectif de défense de l’éducation prioritaire 44 se sont mobilisées pour réclamer une refonte de la carte de l’éducation prioritaire et davantage de moyens pour l’enseignement public.
Dans l’agglomération nantaise, trois rassemblements ont eu lieu simultanément : devant l’école Mandela à Saint-Herblain, à l’école La Beaujoire à Nantes, et à l’école Pauline Rolland à Rezé. Cette dernière mobilisation a notamment réuni 80 personnes, parents d’élèves, enseignants, représentants syndicaux et élus locaux, tous unis autour d’un objectif commun : une école plus juste et égalitaire.
À Saint-Nazaire, une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant l’école Jules Ferry pour représenter trois écoles dites « orphelines » : Jules Ferry, Jean Zay et Gambetta. Parents, enseignants, élus et syndicats ont tour à tour pris la parole pour faire entendre leurs revendications.
Un système à bout de souffle
Le collectif, constitué de parents, enseignants, syndicats et élus de Loire-Atlantique, dénonce depuis plus d’un an les insuffisances du système actuel. Selon leurs observations, 57 écoles du département présentent un indice de position sociale (IPS) inférieur à la dernière école classée en réseau d’éducation prioritaire (REP), sans pour autant bénéficier de cette classification et des moyens qui l’accompagnent.
Face à cette situation, certaines écoles ont obtenu des contrats locaux d’accompagnement (CLA) après des années de mobilisation, parfois menées depuis plus d’une décennie. Mais ces dispositifs, qualifiés de « sparadraps » par le collectif, restent précaires et disparates selon les établissements, créant des inégalités de traitement dues à des critères d’attribution peu clairs.
L’intégration au réseau d’éducation prioritaire garantit pourtant des conditions d’enseignement essentielles : effectifs réduits, équipes enseignantes stabilisées grâce à des primes, temps de formation et de travail collectif, moyens supplémentaires pour le matériel et les sorties scolaires, ainsi qu’un encadrement humain renforcé.
Une carte obsolète dans un contexte social dégradé
La carte de l’éducation prioritaire n’a pas été révisée depuis 2015, soit plus de dix ans, alors que la situation sociale du pays s’est considérablement détériorée. Le collectif rappelle qu’environ 600 000 personnes supplémentaires vivent sous le seuil de pauvreté depuis cette date.
Les enseignants témoignent au quotidien de ces difficultés croissantes : enfants arrivant le ventre vide à l’école, familles dormant dans la rue ou dans des logements précaires. Face à cette réalité, les moyens alloués à l’éducation apparaissent largement insuffisants, d’autant que les gouvernements successifs ont plutôt tendance à réduire ces dépenses.

Le collectif souligne également la suppression des lycées de la carte de l’éducation prioritaire en 2015, comme si les difficultés scolaires et sociales disparaissaient miraculeusement à l’entrée au lycée. Parallèlement, l’État et les collectivités territoriales consacrent 13,8 milliards d’euros à l’enseignement privé, selon les chiffres de 2022.
Des besoins particuliers négligés
Au-delà de l’éducation prioritaire, le collectif dénonce l’insuffisance des moyens alloués à l’accompagnement des élèves à besoins particuliers. L’inclusion des élèves en situation de handicap se fait sans moyens suffisants, tandis que les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) attendent toujours un véritable statut de la fonction publique et une revalorisation salariale.

Les réseaux d’aide aux élèves en difficulté (RASED) et les établissements spécialisés voient leurs effectifs se réduire, tout comme les classes d’accueil pour élèves allophones.
Des revendications claires
Fort de ce constat, le collectif porte cinq revendications principales : la refonte complète de la carte de l’éducation prioritaire avec le retour des lycées dans le dispositif, l’augmentation et la redéfinition des moyens de l’éducation prioritaire, l’augmentation générale des moyens pour l’éducation, l’arrêt du financement public de l’enseignement privé, et enfin la nationalisation de l’enseignement privé sans indemnité ni rachat, avec transfert de ses personnels dans les corps correspondants de l’enseignement public.
La mobilisation du 14 novembre marque ainsi une nouvelle étape dans ce combat collectif pour une école publique équitable et dotée des moyens nécessaires à sa mission.
Visuel de Une : école Pauline Rolland de Rezé.
