
Enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2026, France Travail / Crédoc.
Le chiffre reste imposant : 154 743 projets de recrutement sont prévus en Pays de la Loire pour 2026. Mais derrière ce volume, qui confirme la solidité du marché du travail régional, une tendance se dessine clairement, les employeurs freinent. C’est un recul de 8,2 % en un an, la quatrième baisse consécutive depuis le pic de 2021.
Un marché qui tient, mais qui s’essouffle
En 2026, un peu plus d’un établissement sur quatre envisage de recruter dans la région. Ce n’est pas un effondrement, on reste à un niveau comparable à l’avant-Covid, mais c’est un signal : dans un contexte économique incertain, les patrons hésitent davantage avant d’embaucher. Tous les grands secteurs reculent, à des degrés divers. La construction est la plus touchée avec -20,5 %, suivie du commerce (-14,6 %), de l’agriculture et de l’agroalimentaire (-7,8 %) et des services (-6,7 %).
Bonne nouvelle dans ce tableau contrasté : 65 % des projets de recrutement en région sont des emplois pérennes. On ne cherche pas seulement de la main-d’œuvre pour boucher des trous, on construit.
Les tensions baissent, mais la construction reste à la peine
C’est peut-être l’information la plus encourageante de cette édition : 49,2 % des recrutements sont jugés difficiles par les entreprises, soit une baisse de 7,5 points en un an. Troisième année consécutive de détente. Les candidats sont un peu plus nombreux, les employeurs un peu moins aux abois.
Sauf dans un secteur : le bâtiment. Avec 75,8 % de recrutements jugés difficiles, et une hausse de 11,3 points par rapport à 2025, la construction reste un cas à part. Trouver un maçon, un électricien, un plombier qualifié en Loire-Atlantique reste une épreuve de force pour les entreprises du secteur.
En Loire-Atlantique : Nantes aspire, les bassins ruraux respirent
Le département concentre 57 295 intentions d’embauche, soit 37 % du total régional, avec un recul de 9 % par rapport à l’an dernier. Là encore, les emplois proposés sont majoritairement durables : 72 % des projets sont pérennes, un taux supérieur à la moyenne régionale.
Les intentions d’embauche en Loire-Atlantique.
Les tensions varient fortement selon les territoires. C’est à Blain que les entreprises peinent le plus à recruter (59,1 % de recrutements difficiles), devant Nantes (53,1 %) et Saint-Nazaire (52,9 %). À l’inverse, le bassin d’Ancenis affiche le taux le plus bas du département : 32,3 %, un chiffre qui illustre une réalité locale plus apaisée.
Les métiers qui recrutent
Agents d’entretien de locaux, aides-soignants, aides à domicile, employés de restauration, infirmiers, conducteurs routiers… Le top des métiers les plus recherchés en Loire-Atlantique dresse un portrait fidèle des besoins d’une société qui vieillit, qui consomme, qui se soigne et qui se déplace. À noter, spécificité nantaise : les ingénieurs et cadres en informatique et télécoms font leur entrée dans le top 12 départemental, signe du poids de la métropole numérique.
Ce que France Travail met en place
Face à ces besoins, France Travail Pays de la Loire intensifie ses actions auprès des entreprises : plus de 25 200 visites d’employeurs à fin 2025, plus de 10 000 offres enregistrées dans les trois mois suivants. L’organisme mise aussi sur des méthodes de recrutement alternatives, simulation, immersions, « stades vers l’emploi », avec des résultats qui méritent d’être soulignés : 7 demandeurs d’emploi sur 10 retrouvent un travail dans les six mois après une immersion en entreprise.
Onze filières prioritaires sont dans le viseur : santé, BTP, hôtellerie-restauration, transport-logistique, numérique, nucléaire… autant de secteurs où l’adéquation entre offre et demande reste à construire.
Sources : Enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2026, France Travail / Crédoc. 94 689 établissements interrogés en Pays de la Loire, 23 869 réponses exploitées.




