Châteaubriant

Jean-François Mousseau vient de nous quitter 

Photographe humaniste et artiste polyvalent, Jean-François Mousseau s'est éteint dimanche 28 décembre 2025 des suites d'un malaise cardiaque. De l'Afghanistan à l'Inde et l'Afrique, il a consacré son objectif à l'enfance et aux traditions menacées, laissant une œuvre empreinte de sensibilité.

Jean-François Mousseau vient de nous quitter. Il a fait un malaise cardiaque ce dimanche 28 décembre 2025. Longtemps parisien, et citoyen du monde, il était revenu vivre à coté de Châteaubriant, depuis quelques années.

Le photographe avait un regard humaniste sur l’enfance et les traditions du monde.

Un parcours singulier au service de l’humanitaire

Jean-François Mousseau incarne un parcours atypique dans le monde de la photographie. Après une première carrière dans l’informatique, il a choisi de se consacrer entièrement à son art, devenant photographe freelance avec une spécialité bien particulière : l’enfance et les traditions menacées à travers le monde.

« Capter le regard des hommes et des femmes de la planète, observer l’expression des enfants qui vivent des émotions fortes, découvrir des cultures enrichissantes, saisir des instants et les immortaliser en photos, c’est devenu pour moi une vraie raison de vivre et de voyager », confie-t-il.

Un voyage par les sens et les sensations

Le fil conducteur du travail artistique de Jean-François Mousseau reste constant : explorer le voyage par les sens et les sensations, documenter les traditions menacées à travers le monde, capter l’expression des enfants vivant des émotions fortes.

Jean-François Mousseau nous a quittés
Phnom Penh, Cambodge 2013 © Jean-François Mousseau.

Un engagement photographique qui allie humanisme, esthétique et urgence documentaire, donnant à voir la beauté fragile de cultures en voie de disparition et l’espoir porté par l’enfance.

Un photographe engagé au service de causes humanitaires

Jean-François Mousseau a mis son talent au service de deux grandes organisations humanitaires : Mécénat Chirurgie Cardiaque et La Chaîne de l’Espoir. En tant que photographe et vidéaste de ces associations, il a parcouru l’Afghanistan, l’Afrique et l’Asie, immortalisant le visage d’enfants dont les « petits cœurs » sont réparés par les chirurgiens de ces missions.

L’une de ses images les plus marquantes reste celle d’un enfant au cerf-volant, prise dans les ruines du Palais royal à Kaboul. Cette photographie, qui avait été exposée à la médiathèque de Châteaubriant en 2013, avait profondément ému la population locale, mobilisée cette année-là autour de l’accueil du jeune Samba. L’académicien Patrick Grainville avait même rendu hommage à son ami photographe dans un texte remarqué.

Gotipua : quand la danse devient art sacré

Lors d’un reportage dans le Nord-Est de l’Inde, Jean-François Mousseau a découvert une tradition ancestrale fascinante : le Gotipua, une danse sacrée en l’honneur de Krishna. Ces jeunes garçons issus de villages modestes perpétuent un art millénaire en reproduisant les figures des bas-reliefs qui ornent les temples.

Gotipua : quand la danse devient art sacré
Gotipua par © Jean-François Mousseau

Pour incarner des danseuses féminines gracieuses, ces adolescents se travestissent avec soin : ils laissent pousser leurs cheveux, se maquillent d’un mélange de poudre blanche et rouge, appliquent généreusement du Kajal (eye-liner noir) autour de leurs yeux. Des peintures traditionnelles, propres à chaque école de danse, ornent leurs visages.

Jean-François Mousseau vient de nous quitter 
Jean-François Mousseau devant son banc de montage, transmettant son savoir. © Alain Moreau.

Au-delà de la photographie, Jean-François Mousseau maîtrisait de nombreuses compétences techniques : vidéo, montage, enregistrement audio et mixage, post-production. Il a notamment réalisé de nombreuses captations vidéo de concerts et fut directeur de la photographie pour le film « 1520-2020 Une Odyssée Musicale », réalisé par Francis Marcellet avec le pianiste et compositeur Kit Armstrong.

Jean-François Mousseau, homme de son

Jean-François avait une maîtrise parfaite du son. Il avait trouvé, chez le jeune Tom Ibarra, qui avait 14 ans à l’époque, le guitariste de talent. Tom remportait coup sur coup le Prix Sacem du festival Jazz des Puces à Saint-Ouen. Tom vint une première fois jouer dans un bar à Châteaubriant. Puis une deuxième. Et se produisit au château de Châteaubriant, invité par le Département dans la programmation officielle des Beaux Jours.

Tom Ibarra enregistrait son premier disque à 15 ans à Erbray, près de Châteaubriant. Jean-François en assura la réalisation et la production. Aujourd’hui, Tom Ibarra a bien grandi. Il joue aux cotés de Marcus Miller.

Des artistes, le réalisateur en a rencontré quelques uns. Ainsi, René Lacaille, Lou Barrow, ou son amie Do Montebello. Plus récemment, pour actu44.fr, avec Alain Moreau, il réalise l’interview de Gabriel Saglio lors de la sortie de son dernier opus ou Marion Rampal, lors des derniers Rendez-Vous de l’Erdre.

Il aimait transmettre ses connaissances, lui-même fasciné par la transmission des savoirs

Collaborateur régulier d’actu44.fr, site d’actualité indépendant de Loire-Atlantique, Jean-François Mousseau y signe de nombreux reportages photographiques et vidéos. Ses travaux illustrent notamment des articles sur Châteaubriant et ses environs, comme le patrimoine religieux, avec l’association Saint-Patern, de Châteaubriant.

Cette année 2025, Jean-François Mousseau s’est beaucoup investi à filmer la reconstruction de l’orgue de chœur de la cathédrale de Nantes. Avec Alain Moreau, Jean-François Mousseau a suivi étape par étape la remise en jeu de l’instrument reconstruit entièrement. Il y a eu de superbes rencontres avec Nicolas Toussaint, facteur d’orgues dont les ateliers sont situés sur les bords de l’Erdre.

[videopack id= »90088″]https://www.actu44.fr/wp-content/uploads/2025/09/Tuyaux-de-montre-orgue-Cathedrale-Nantes_V4-FB.mp4[/videopack]

Il a côtoyé Roland Galtier, expert de l’orgue en France, mais également Stéphane Robert, qui a refait avec ses compagnons la console, les services de la DRAC des Pays de la Loire. Jean-François était présent à chaque réunion de chantier. Il s’est rapidement lié d’amitié avec Pierre Quéval, Mickaël Durand, Michel Bourcier, ou Gaëlle Coulon organistes en titre à la cathédrale de Nantes. Florence Ladmirault, organiste à Notre-Dame-de-Bon-Port était devenue également une amie.

Jean-François Mousseau collaborait au magazine municipal de la ville de Châteaubriant et à celui de la communauté de communes Châteaubriant-Derval, notamment pour des prises de vue par drone.

Les obsèques de Jean-François Mousseau ont lieu samedi 3 janvier 2026, à 14 h 30, en l’église d’Erbray.

Visuel de Une : © Alain Moreau.