
Laurent Hottiaux, jusqu’ici préfet des Alpes-Maritimes, a été nommé préfet de la région Pays de la Loire et préfet de Loire-Atlantique lors du conseil des ministres du mercredi 24 juin 2026. Cet énarque de 53 ans, passé par l’Élysée comme conseiller d’Emmanuel Macron, y succède à Fabrice Rigoulet-Roze, promu en Occitanie. Son arrivée à Nantes intervient alors que le département fait face à une série de fusillades liées au narcotrafic, un dossier que le nouveau préfet connaît bien après son passage à Nice.
Un parcours classique de haut fonctionnaire
Né en 1973 à Vincennes, Laurent Hottiaux est issu des grandes écoles qui forment habituellement les hauts fonctionnaires français : Sciences Po Paris, l’ESSEC, puis l’ENA, dont il intègre la promotion Averroès en 2000, aux côtés d’Alexis Kohler et d’Agnès Pannier-Runacher.
Sa carrière débute sous des majorités de droite, comme chef de cabinet de plusieurs secrétaires d’État entre 2007 et 2011, dans l’orbite de Laurent Wauquiez, Jean-Louis Borloo et Maurice Leroy. Ce passage en cabinets ministériels précède un virage déterminant : de 2017 à 2020, il devient conseiller « intérieur et sécurité » à l’Élysée, dans l’équipe d’Emmanuel Macron.
C’est cette période qui le rattache, sans étiquette partisane formelle, à la mouvance macroniste, le reste de sa trajectoire professionnelle relevant davantage de fonctions techniques et de gestion de crise que d’engagement politique affiché.
Avant d’arriver à la tête des Pays de la Loire, il avait occupé la préfecture des Hauts-de-Seine pendant quatre ans, puis celle des Alpes-Maritimes à partir du 28 avril 2025..
Un an seulement à Nice, après un prédécesseur contesté
Le passage de Laurent Hottiaux dans les Alpes-Maritimes aura été bref : un peu plus d’un an, entre avril 2025 et juin 2026. Il y avait succédé à Hugues Moutouh, dont les méthodes avaient suscité de vives tensions avec une partie des élus locaux et qui avait fini par être surnommé le « préfet bulldozer » avant de prendre la tête de la préfecture de police de Paris. Sur ce point précis, le mandat d’Hottiaux a été perçu comme un retour à un dialogue plus apaisé avec les collectivités du département.
Dès sa prise de fonction, le préfet avait fait de l’ordre public et de la lutte contre les trafics de stupéfiants l’une de ses priorités, dans la continuité de l’action engagée par ses prédécesseurs. Il avait notamment fixé un objectif fort : ne plus laisser subsister aucun point de deal dans le quartier des Moulins avant la fin de l’année 2026, une ambition qu’il jugeait toujours tenable au moment de son départ, et qui reviendra désormais à son successeur à la préfecture des Alpes-Maritimes, dont l’identité n’était pas encore connue au moment de l’annonce de sa nomination en Pays de la Loire.
Un bilan chiffré sur le narcotrafic
Sur l’ensemble de son mandat, Laurent Hottiaux revendique le démantèlement de la moitié des points de deal du département des Alpes-Maritimes et l’incarcération d’une centaine de trafiquants au cours de l’année 2025.
Une expérience qui pourrait peser sur le dossier nantais
Cette expérience directe sur les questions de narcotrafic et de sécurisation des quartiers sensibles s’inscrit dans un contexte qui pourrait trouver un écho particulier en Loire-Atlantique. Le département a en effet été marqué par quatre fusillades mortelles entre avril et juin 2026, dont un des derniers épisodes dans le quartier du Port-Boyer à Nantes, ravivant les inquiétudes sur l’implantation de trafics violents dans l’agglomération.
Le nouveau préfet devra désormais s’installer dans ses fonctions à la préfecture de Nantes, où l’attendent à la fois ces dossiers sécuritaires locaux et la coordination de l’action de l’État à l’échelle de la région Pays de la Loire.
Visuel de Une : © Préfecture des Hauts-de-Seine.




