
C’est le chiffre qui frappe d’emblée. En 2022, la présence des touristes dans les Pays de la Loire génère 72 400 emplois. Soit 5,2 % de l’emploi marchand régional. Un poids réel, même si la région reste en dessous de la moyenne nationale qui s’établit à 6,6 %.
Mais ce qui retient l’attention, c’est la répartition de ces emplois. On pense spontanément aux campings, aux restaurants, aux hôtels. Et pourtant : l’hébergement et la restauration réunis ne concentrent que 30 % des emplois touristiques ligériens. Le reste, soit les 70 % restants, se répartit dans une centaine d’autres activités. Le commerce de détail non alimentaire représente à lui seul 17 % des emplois touristiques, autant que l’hébergement. Les grandes surfaces pèsent 12 %. Les sports et loisirs, portés par le Puy du Fou, les zoos et Terra Botanica, atteignent 11 %.
Le touriste qui fait ses courses au supermarché ou qui achète une brioche chez le boulanger, c’est aussi de l’emploi touristique. L’étude le documente pour la première fois à cette échelle.
En juillet, deux fois plus d’emplois qu’en janvier
La région vit au rythme des saisons, et l’emploi touristique suit. En juillet, les Pays de la Loire comptent 101 700 emplois touristiques, soit 2,1 fois plus qu’en janvier. Un pic de saisonnalité plus marqué qu’au niveau national, logique pour une région dont 54 % des nuitées se font en camping, la part la plus élevée de France métropolitaine.
Ce modèle camping a un revers : il génère moins d’emplois par nuitée que l’hôtellerie. Les Pays de la Loire comptent 2,9 emplois touristiques pour 1 000 nuitées, contre 4,8 en Ile-de-France. La Vendée illustre parfaitement ce paradoxe : elle concentre 43 % des nuitées régionales mais ne génère que 1,6 emploi pour 1 000 nuitées. Son taux d’emploi touristique dans l’emploi marchand est pourtant le plus élevé de la région, à 8 %, grâce à une capacité d’accueil exceptionnelle.
La Loire-Atlantique, elle, reste le premier département en volume avec 29 300 emplois touristiques, devant la Vendée, pour un taux de 4,9 % de l’emploi marchand.
Nantes et le littoral, deux modèles opposés
L’étude distingue deux logiques territoriales très différentes. D’un côté, les grandes agglomérations : Nantes, Angers et Le Mans concentrent 38 % des emplois touristiques régionaux. Le tourisme y est présent toute l’année, porté par les affaires, les courts séjours et la culture. Les Machines de l’Ile à Nantes, les musées, les salles de spectacle : 58 % des emplois touristiques du patrimoine et de la culture de la région se trouvent dans ces trois zones.
De l’autre, le littoral. Les cinq zones d’emploi côtières comptent 24 300 emplois touristiques, avec un poids dans l’emploi marchand presque trois fois supérieur à celui des grandes agglomérations (10,8 % contre 4 %). Mais une activité hyper-concentrée sur l’été, et des emplois qui disparaissent dès septembre.
5 500 emplois de plus qu’avant le Covid
Entre 2019 et 2022, l’emploi touristique régional a progressé de 8 %, soit 5 500 postes supplémentaires. Une hausse légèrement inférieure à la moyenne nationale (+9 %), mais réelle. Les deux secteurs qui tirent cette croissance : les activités immobilières, portées par l’essor des plateformes de location saisonnière comme Airbnb et Abritel (+32 %), et le patrimoine et la culture (+26 %).
L’étude précise également que les femmes représentent 56 % des salariés touristiques en Pays de la Loire, contre 52 % au niveau national. Les jeunes de moins de 25 ans y sont aussi plus présents, à 22 % contre 18 % en France, avec un pic à 32 % en août pour les emplois saisonniers.
Source : Insee Analyses Pays de la Loire, n° 156, avril 2026. Etude réalisée en partenariat avec l’Observatoire régional du tourisme et Solutions et co.




