L’eau potable sous surveillance renforcée : de nouveaux contrôles entrent en vigueur en 2026.
À partir du 1er janvier 2026, l’eau du robinet sera soumise à des contrôles sanitaires plus stricts, incluant notamment la surveillance de 20 PFAS, ces polluants persistants surnommés « polluants éternels ».
Atlantic’eau, service public de l’eau potable, a annoncé mardi que l’ensemble du territoire qu’elle dessert respecte d’ores et déjà les nouveaux seuils réglementaires qui s’appliqueront dans quelques semaines. Ces nouvelles normes découlent de la directive européenne 2020/2184, transposée en droit français fin 2022.
Les PFAS désormais dans le viseur
Parmi les principales nouveautés figure l’intégration au contrôle sanitaire de 20 substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, communément appelées PFAS. Ces composés chimiques, extrêmement persistants dans l’environnement, ne devront pas excéder collectivement 0,10 microgramme par litre dans l’eau traitée.
Atlantic’eau assure avoir anticipé cette échéance en menant depuis 2023 un suivi semestriel de ses ressources. Selon l’opérateur, les résultats obtenus se situent très en deçà du seuil réglementaire sur l’ensemble de son territoire de distribution.
Une batterie de nouveaux paramètres surveillés
Outre les PFAS, plusieurs autres substances feront leur entrée dans le protocole de contrôle. Le bisphénol A, perturbateur endocrinien, ne devra pas dépasser 2,5 microgrammes par litre. Les sous-produits de désinfection comme les chlorates et chlorites seront limités à 0,25 milligramme par litre, avec une tolérance jusqu’à 0,70 mg/L lorsque les traitements de désinfection peuvent générer ces composés. Les acides haloacétiques et l’uranium chimique complètent cette liste élargie.
Des campagnes d’analyses menées ces deux dernières années confirment que l’eau distribuée respecte ces futures limites. À partir de janvier, les résultats de ces contrôles seront consultables sur le site de l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire.
Les chlorates sous surveillance particulière
Si la situation est globalement conforme, Atlantic’eau reconnaît une vigilance nécessaire concernant les chlorates sur certains secteurs. Durant l’été et l’automne 2025, des valeurs comprises entre 0,25 et 0,70 mg/L ont été relevées sur les territoires de Val Saint-Martin et Campbon-Sillon, où l’eau de Javel est utilisée pour la désinfection.
L’opérateur a mis en place un plan d’action avec ses exploitants visant à réduire ces concentrations en dessous de 0,25 mg/L, tout en maintenant la sécurité sanitaire de l’eau distribuée.
Une approche globale de la qualité
Au-delà du respect des normes réglementaires, Atlantic’eau dit poursuivre une stratégie articulée autour de trois axes : la prévention par la protection des ressources et l’accompagnement des changements de pratiques agricoles, le traitement curatif via des investissements dans les filières d’élimination des micropolluants, et enfin la prospective à travers un programme de recherche et développement.
Cette évolution du contrôle sanitaire marque un tournant dans la surveillance de la qualité de l’eau potable en France, avec une attention accrue portée aux polluants émergents et aux substances à faibles concentrations mais potentiellement préoccupantes pour la santé.
