
Après « Jardins de pierres, pierres de jardins » en 2025, la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture a retenu la vue comme thème de l’édition 2026. Ce choix s’inscrit dans un cycle consacré aux cinq sens au jardin, amorcé en 2024. L’odorat est déjà annoncé pour 2028.
Après « Jardins de pierres, pierres de jardins » en 2025, la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture a retenu la vue comme fil conducteur de l’édition 2026. Ce choix s’inscrit dans un cycle consacré aux cinq sens au jardin, amorcé en 2024 avec une édition dédiée à l’ensemble des sens. L’odorat est déjà annoncé pour 2028. Un programme sur le long terme, qui invite chaque année à redécouvrir les jardins sous un prisme différent.
La vue au jardin est loin d’être un sujet anodin
Depuis la Renaissance, architectes et maîtres-jardiniers ont fait de la perspective un outil à part entière. André Le Nôtre en a usé systématiquement, à Vaux-le-Vicomte comme à Sceaux, pour donner l’impression d’un espace plus grand qu’il ne l’est en réalité. L’anamorphose, cette illusion d’optique qui trompe l’œil selon l’angle de vision, a elle aussi trouvé sa place dans les jardins historiques. Voir un jardin, c’est donc déjà l’interpréter.
Aujourd’hui, les techniques ont évolué mais la question du regard reste centrale. Le LIDAR, cette technologie de mesure par faisceau laser, permet désormais de visualiser le sous-sol d’un jardin sans aucune prospection archéologique, puis de le restituer sous forme de relevé numérique. Une façon de voir ce qui était invisible. La photographie, dont on célèbre le bicentenaire en 2026, offre quant à elle un autre rapport au jardin : figer l’instant, choisir le cadrage, décider de ce que l’on montre et de ce que l’on cache.
Le cinéma s’est lui aussi nourri de cette relation entre l’homme et le jardin.
L’Arroseur arrosé, deuxième film de l’histoire du cinéma tourné dans le propre jardin de Louis Lumière à Lyon, s’appelait à l’origine « Le Jardinier et le petit espiègle ». Un détail qui rappelle que le jardin a toujours été un espace de mise en scène autant que de nature.
Malvoyants et aveugles et les expériences sensorielles
Pour cette édition 2026, le Ministère de la Culture a noué une collaboration avec l’association Valentin Haüy, qui agit pour l’autonomie des personnes malvoyantes et aveugles. À travers cette manifestation culturelle et festive, des jardins proposeront des expériences sensorielles adaptées, permettant à un public porteur de handicap visuel de découvrir autrement la dimension sensorielle des espaces verts.
Organisée par le Ministère de la Culture en collaboration avec le Comité des parcs et jardins de France, les Vieilles Maisons Françaises et la Demeure Historique, la manifestation rassemble chaque année plus de 2 200 sites en France et près de 600 jardins dans une vingtaine de pays européens. Allemagne, Espagne, Italie, Luxembourg, Portugal, Suisse participent notamment à cette édition. L’entrée est gratuite dans la grande majorité des lieux.
Le vendredi est traditionnellement réservé aux scolaires, avec des visites organisées sur inscription préalable. Le samedi et le dimanche sont ouverts à tous les publics, néophytes comme amateurs éclairés, avec au programme des visites guidées, démonstrations de savoir-faire, ateliers, conférences et promenades botaniques.
En Loire-Atlantique, quatre sites participent à cette édition 2026 : à Saint-Herblain, au Grand-Auverné, à La Regrippière et à Chaumes-en-Retz. Entrée gratuite partout. Le programme détaillé est à retrouver dans notre article consacré aux Rendez-vous aux Jardins en Loire-Atlantique.




