
Dix-neuf personnes ont été interpellées ce vendredi 2 octobre 2026, en Pays de la Loire. Les faits se sont produits aux abords d’un nombre restreint de lycées, lors de violences urbaines, selon la préfecture de la Loire-Atlantique. Le préfet Laurent Hottiaux indique avoir maintenu une présence forte, visible et réactive des forces de l’ordre en réponse aux troubles survenus près des établissements scolaires.
Un arrêté préfectoral interdit désormais tout rassemblement aux abords de 19 lycées. Il sera élargi ce vendredi soir à 8 établissements supplémentaires, après de nouvelles demandes de cours en distanciel formulées par certains chefs d’établissement auprès du Rectorat.
Pour la journée de vendredi, la préfecture ne signale aucune dégradation de bâtiments scolaires. Les rassemblements étudiants organisés à l’Université et dans le centre-ville de Nantes se sont, eux, déroulés dans le calme.
Le bilan des jours précédents est lourd
La Région des Pays de la Loire, propriétaire des lycées, recense près de 40 établissements touchés à divers degrés sur l’ensemble du territoire régional. Douze ont subi des dégradations importantes. Le coût de remise en état est estimé à au moins 3 millions d’euros, un montant que les expertises en cours et à venir devront confirmer. La collectivité « condamne avec la plus grande fermeté » agressions contre les personnels, intrusions, incendies, tirs de mortier et dégradations, des actes qui selon elle « n’ont rien à voir avec l’expression de revendications légitimes ».
La Loire-Atlantique concentre la majorité des sites les plus touchés
À Nantes, le lycée Nelson Mandela a vu son hall d’entrée incendié et son accueil détruit. Le lycée Carcouët a eu ses grilles et portes défoncées, de nombreux vitrages détruits, des ordinateurs et des équipements de sécurité endommagés.
Les campus de l’Université de Nantes fermés jusqu’au mercredi 7 octobre
Au lycée Michelet, la Région relève une intrusion, des portails vandalisés, une grille arrachée et des véhicules régionaux dégradés. Portails, portillons et vitres ont été fortement endommagés aux lycées La Colinière et Albert Camus, tandis que le lycée Monge-La Chauvinière a connu un portail défoncé, une tentative d’intrusion et un départ de feu.
À Rezé, le lycée Jean Perrin-Goussier a essuyé des tirs de mortier, eu des vitres brisées et a dû être évacué dans un climat qualifié d’insurrectionnel. À Saint-Nazaire, le lycée Aristide Briand a subi une intrusion, des départs de feu et des dégradations de ses accès.
Hors du département, la liste régionale cite les lycées Paul-Émile Victor à Avrillé (Maine-et-Loire) , où une centaine de casseurs se sont introduits et ont saccagé puis incendié le bâtiment administratif, Henri Dunant à Angers, Gaston Lesnard à Laval et André Malraux à Allonnes.
Le Lycée Nelson Mandela fermé jusqu’à la Toussaint
Au lycée Nelson Mandela, à Nantes, les premières estimations font état d’au moins 2 millions d’euros de travaux. Des expertises complémentaires auront lieu la semaine prochaine, notamment sur la charpente, endommagée par l’incendie.
Pour assurer la continuité des cours en distanciel, la Région avance de plusieurs semaines la distribution des Chromebook aux élèves de Seconde, afin que l’ensemble des lycéens de l’établissement disposent d’un équipement informatique. Elle cherche aussi, avec le Rectorat, des solutions rapides de relogement pour les élèves internes.
Un choc psychologique
Au-delà des dégâts, la collectivité évoque un véritable choc psychologique pour les élèves, les familles, les personnels et l’équipe de direction.
La Région annonce qu’elle déposera systématiquement plainte en cas de dégradations ou de violences, et qu’elle accompagnera les agents agressés dans l’exercice de leurs fonctions.
Elle attend que la justice, conformément aux demandes du garde des Sceaux, engage la responsabilité civile des parents dont les enfants mineurs auront été reconnus coupables de dégradation. « Il n’y a aucune raison que la collectivité, et à travers eux les contribuables, paient le prix du vandalisme », écrit-elle.
En conclusion de son point de situation, le préfet remercie les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers pour leur mobilisation, leur engagement et leur réactivité tout au long de la semaine.
Visuel de Une : © Préfecture de Loire-Atlantique




