La matinée a viré au chaos aux abords de plusieurs lycées. À Nantes surtout. Ce 1er octobre 2026, des individus violents se sont glissés parmi les lycéens rassemblés pour dégrader la voie publique et s’en prendre directement aux établissements scolaires, d’après la préfecture de la Loire-Atlantique.
Neuf lycées touchés, trois incendiés
L’alerte a été donnée à 7 h 59 au lycée Nelson-Mandela, 1 rue Célestin Freinet à Nantes. Parti d’une poubelle, le feu a gagné la façade en bois, puis l’intérieur des locaux et la toiture.
Plusieurs salles de classe et des bureaux ont été lourdement endommagés. Tous les occupants ont pu évacuer sans qu’aucune victime soit à déplorer. Pour venir à bout des flammes, le SDIS 44 a mobilisé 28 engins et 62 sapeurs-pompiers, qui ont utilisé cinq lances à eau, aux côtés de la Police nationale, d’un élu de permanence et d’Enedis.
D’importantes opérations de déblai et un accès compliqué à la toiture laissaient présager, au point fait à 13 h, une intervention encore longue.
Les sapeurs-pompiers font par ailleurs état de départs de feu dans 15 établissements scolaires différents de l’agglomération nantaise depuis le matin.
Dans l’ensemble du département, les forces de l’ordre ont interpellé 18 personnes.
Le préfet annonce des poursuites systématiques
Laurent Hottiaux, préfet de la Loire-Atlantique, condamne « très fermement » des actes qui mettent en danger les équipes éducatives, les élèves, mais aussi la sécurité des personnes et des biens. Sa ligne ne laisse place à aucune ambiguïté : « Une absolue fermeté sera opposée aux casseurs. Les auteurs de violences, de dégradations et de toute infraction seront interpellés et mis, systématiquement, à disposition de la justice dans la foulée. »
Les familles sont aussi appelées à jouer leur rôle. La préfecture demande aux parents de rappeler à leurs enfants « qu’ils ne doivent pas se mêler aux casseurs », et avertit : « Les personnes qui participent à des actes de violence ou de dégradation s’exposeront à de lourdes conséquences judiciaires et disciplinaires. »
Johanna Rolland vise le Gouvernement
Côté Ville de Nantes, la condamnation des violences s’accompagne d’une charge politique. La maire de Nantes appelle au calme, mais place l’exécutif national face à ses responsabilités : « Le manque de considération du Gouvernement à l’égard de la jeunesse est une impasse grave. Nous appelons solennellement au calme et à l’apaisement, et condamnons toute forme de violence. »
Elle se dit, avec son équipe, « mobilisés et très préoccupés par la situation dans les lycées, en France et particulièrement à Nantes ». Pour elle, la parole des jeunes doit être prise au sérieux : « Les fortes inquiétudes des lycéennes et des lycéens doivent absolument être entendues : ils se mobilisent pour leurs conditions d’apprentissage d’aujourd’hui et s’inquiètent pour leur avenir. » Et de distinguer clairement les manifestants des casseurs : « Les justes revendications du mouvement lycéen ne doivent ni être méprisées par le Gouvernement ni manipulées par des individus extérieurs et responsables de dégradations inacceptables. »
Les images de la matinée l’ont visiblement marquée. « Un lycée en feu, des lieux d’éducation pris pour cibles, ce sont des échecs, dans une démocratie qui se veut “adulte”. Pour nous c’est insupportable. »
Johanna Rolland réclame enfin l’ouverture rapide d’un dialogue national, et tend la main aux services de l’État dans le département : « Les conditions de l’écoute et du dialogue à l’échelle du pays doivent immédiatement être créées par le gouvernement. Toute initiative prise dans ce sens, en Loire-Atlantique, par la Préfecture et le Rectorat recevra mon plein soutien. C’est la seule voie pour que les lycéens se sentent considérés et pour que le calme revienne rapidement dans et aux alentours de nos établissements. »
Visuel de Une et vidéo : © Neil Le Jeune



