Quarante et un docteurs juniors en médecine générale prendront leur poste en Loire-Atlantique à partir du 2 novembre. Ils seront 186 dans l’ensemble des Pays de la Loire. Pour eux, c’est une année de plus. Pour les territoires qui manquent de médecins, c’est un renfort attendu.
Cette nouvelle étape découle de la réforme du troisième cycle des études médicales. Jusqu’à présent, la médecine générale faisait figure d’exception : toutes les autres spécialités comportaient déjà une « phase de consolidation » en fin de cursus, alors que les futurs généralistes achevaient leur formation dès la fin de la phase d’approfondissement.
Avec cette quatrième année d’internat, leurs études s’étendent désormais sur dix ans. En Pays de la Loire, sa mise en œuvre associe les facultés de médecine de Nantes et d’Angers, les préfectures de département et l’Agence régionale de santé.
Le docteur junior n’est plus tout à fait un étudiant
Il consulte, soigne et fait de la prévention en autonomie, mais toujours sous la responsabilité d’un ou plusieurs praticiens agréés, les maîtres de stage des universités (PAMSU). Trois jours par semaine, il travaille dans sa structure d’accueil. Le quatrième jour, selon son projet professionnel, il peut exercer dans d’autres structures de soins. Le reste de son temps va à la formation, notamment aux groupes de pairs et aux enseignements transversaux.
L’essentiel se passe en ville, en cabinet libéral ou en centre de santé. Un établissement de santé, un service de protection maternelle et infantile (PMI) ou un centre de planification familiale peuvent aussi accueillir un docteur junior, si son projet le justifie. Les secteurs les moins bien pourvus en offre de soins sont servis en priorité.
La répartition ne se décide ni à l’échelle du département ni à celle de la région, mais par subdivision universitaire. Les Pays de la Loire en comptent deux.
Celle de Nantes, qui recouvre principalement la Loire-Atlantique et la Vendée, dispose de 87 terrains de stage ; celle d’Angers, tournée vers le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe, en compte 99. Les commissions chargées d’en fixer le nombre et l’emplacement se sont réunies début juillet.
En amont, sous l’égide des délégations départementales de l’ARS et des préfets, les départements de médecine générale des facultés de Nantes et d’Angers ont travaillé avec les professionnels de santé et les élus locaux pour repérer les maîtres de stage et les lieux d’accueil.
Les chiffres montrent clairement l’orientation retenue
Dans la région, près de 95 % des stages se dérouleront en ambulatoire. Plus de 94 % sont implantés en zones sous-denses, quand la moyenne nationale plafonne à 78,5 %. Dans la subdivision de Nantes, 57 % des stages se situent en zone d’action complémentaire (ZAC). La Loire-Atlantique, avec ses 41 postes, représente 22 % du total régional.
L’ARS a détaillé la répartition par intercommunalité. Nantes Métropole arrive en tête avec sept docteurs juniors, devant le Pays d’Ancenis, qui en accueillera cinq. Le Pays de Pontchâteau Saint-Gildas-des-Bois et Pornic Agglo Pays de Retz en recevront quatre chacun.
Trois iront dans la communauté de communes Châteaubriant-Derval, autant à Cap Atlantique et à la CARENE. Clisson Sèvre et Maine Agglo, Pays de Blain Communauté et Erdre et Gesvres en compteront deux. Sèvre et Loire, Sud Retz Atlantique, Estuaire et Sillon, Redon Agglomération, Grand Lieu Communauté et le Sud Estuaire en auront un chacun.
L’ARS ne cache pas son calcul
Un jeune médecin qui découvre un territoire, ses conditions d’exercice et son cadre de vie a plus de chances d’y rester une fois diplômé.
La réforme s’accompagne de plusieurs textes réglementaires qui revalorisent la rémunération des étudiants comme celle des maîtres de stage. Ces derniers perçoivent des honoraires pédagogiques, auxquels peuvent s’ajouter des primes selon leur lieu d’exercice (zone d’intervention prioritaire, zone d’action complémentaire ou quartier prioritaire de la politique de la ville) et leur participation à la supervision de la permanence des soins ambulatoires (PDSA).
Les généralistes tentés par l’encadrement doivent obtenir un agrément auprès de la faculté de médecine de leur subdivision. Le maître de stage accueille le docteur junior au quotidien, assure son suivi pédagogique et l’accompagne dans son projet : installation, exercice coordonné ou recherche.




