Nantes

Municipales à Nantes : la gauche unie pour le second tour, mais dans une alliance aux contours singuliers

À Nantes, la gauche présente un front uni pour le second tour des municipales du 22 mars. La liste de Johanna Rolland a annoncé lundi la fusion avec « Nouvelle Nantes », évitant ainsi le risque d'une triangulaire fatale face à la droite. Mais l'accord porte une clause pour le moins inédite : les élus de la liste absorbée rejoindront le conseil municipal… dans les rangs de l'opposition.

Municipales à Nantes : la gauche unie pour le second tour, mais dans une alliance aux contours singuliers

La liste conduite par Johanna Rolland, arrivée en tête du premier tour, a annoncé lundi la fusion avec la liste « Nouvelle Nantes ». Une démarche de rassemblement qui comporte toutefois une clause pour le moins inhabituelle : les élus issus de la liste rejoignante siègeront dans l’opposition au conseil municipal.

Le lendemain du premier tour des élections municipales à Nantes, la Gauche Unie pour Nantes a publié, lundi 16 mars, un communiqué appelant au rassemblement de la gauche en vue du second tour, fixé au 22 mars. Si le texte se veut un appel à la mobilisation face à ce que la liste de Johanna Rolland désigne comme « l’union des droites ultraconservatrices et de l’extrême droite », il révèle également les termes d’une fusion pour le moins inédite dans son architecture.

Une arithmétique électorale qui impose l’union

Au soir du premier tour, trois listes étaient en mesure de se maintenir au second tour, ouvrant la perspective d’une triangulaire. Pour la Gauche Unie, ce scénario représentait « un risque impardonnable : celui de voir la droite l’emporter malgré une gauche majoritaire dans la ville ». Le communiqué rappelle que « plus de 62 % des Nantais ont clairement dit qu’ils ne voulaient pas d’une droite superposée à l’extrême droite pour diriger » la cité des Ducs.

C’est dans ce contexte que la liste « Nouvelle Nantes », arrivée en deuxième position parmi les listes de gauche, a annoncé son retrait et sa fusion avec la liste Rolland. Une décision saluée comme « une démarche de responsabilité, fondée sur la conviction que la gauche doit apprendre à se parler, à dialoguer et à coopérer. »

Une fusion sans accord programmatique

Là réside la singularité, et sans doute la tension, de cet accord. La Gauche Unie tient à préciser que cette union est « fondée sur la clarté » : il n’y a « sans accord programmatique », la liste majoritaire entendant porter « le projet que la Gauche Unie a déjà présenté aux Nantaises et aux Nantais lors du premier tour ». Autrement dit, la liste absorbante ne concède rien sur le fond.

Plus surprenant encore, le communiqué indique explicitement qu’il n’y aura « sans modification du périmètre politique de la majorité de la Gauche unie pour Nantes ». Les candidates et candidats issus de la Nouvelle Nantes qui feraient leur entrée au conseil municipal « siègeront dans l’opposition ». Une formulation qui interroge sur la nature réelle de cette fusion : les rejoignants apportent leurs voix au second tour, mais ne rejoindront pas la majorité municipale en cas de victoire. Une cohérence revendiquée, qui n’en demeure pas moins une incongruité politique rarement assumée avec une telle franchise.

Des valeurs affichées, un adversaire clairement désigné

Sur le fond, la déclaration s’appuie sur un socle de principes : « la justice sociale et écologique, la démocratie et le débat apaisé, le refus du racisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie » et « le respect des libertés fondamentales ». Face à cela, le communiqué dresse le portrait d’un adversaire de droite qui remettrait en cause « la gratuité des transports en commun le week-end », vendrait « du logement social au moment où tant de familles peinent à se loger dignement » ou affaiblirait « les associations qui font vivre nos quartiers ».

Le texte se conclut sur un appel à la mobilisation, invitant « toutes celles et ceux qui partagent ces valeurs d’humanisme et de coopération à se mobiliser pour Nantes pour rendre possible la victoire » au soir du 22 mars.

Visuel de Une : © Alain Moreau