Nantes

Nantes Métropole : quatre maires indépendants s’invitent dans l’exécutif

ls ne se réclament d'aucun parti, d'aucune majorité nationale, et entendent bien le faire savoir. Quatre maires des communes de la métropole nantaise ont choisi le jour de l'installation du nouveau Conseil métropolitain pour annoncer la création d'un groupe d'élus indépendants et leur entrée dans l'exécutif. Une décision qui tranche dans le paysage politique local, et qu'ils assument pleinement.

À l’occasion de l’installation du Conseil métropolitain, quatre élus sans étiquette partisane ont annoncé la création d’un groupe d’élus indépendants et leur entrée dans l’exécutif de Nantes Métropole. Une démarche assumée, portée par une volonté affichée de « faire de la politique autrement ».

C’est dans un paysage politique métropolitain en pleine recomposition que quatre maires. Emmanuel Terrien (Mauves-sur-Loire), Laure Beslier (Brains), Hélène Hazlewood (Saint-Aignan-de-Grand-Lieu) et Patrick Grolier (Saint-Léger-les-Vignes), ont décidé de franchir le pas. Ensemble, ils rejoignent l’exécutif de Nantes Métropole en constituant un groupe d’élus indépendants, avec la ferme intention de ne rien céder sur leur identité politique.

« Nous pensons qu’il est possible de faire de la politique autrement », résume Emmanuel Terrien, porte-parole naturel du groupe. Il décline cette conviction en trois mots : indépendance, responsabilité, humanisme. « L’action publique n’a de sens que si elle est au service des femmes et des hommes qui vivent dans nos communes », insiste-t-il.

 « Ce n’est ni un ralliement, ni un renoncement. C’est un engagement. »

Hélène Hazlewood, maire de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu

Une participation sans ambiguïté

Face aux interrogations que ne manque pas de susciter leur positionnement, les quatre élus se montrent à l’offensive. Leur entrée dans l’exécutif ne saurait être lue comme une capitulation devant l’appareil politique dominant. « Un engagement à être utiles, à la stabilité de la Métropole, à l’équilibre des territoires et surtout à nos concitoyens », précise Hélène Hazlewood.

Leur feuille de route est définie avec soin : conserver pleinement leur statut d’élus indépendants, contribuer à une gouvernance plus ouverte associant toutes les sensibilités politiques, œuvrer à un travail transpartisan entre maires et maintenir leur liberté d’appréciation, tout en s’inscrivant dans une logique de loyauté sur les grands équilibres budgétaires.

Laure Beslier, maire de Brains, tient à dissiper tout malentendu sur la nature du regroupement : « Nous ne sommes pas là pour opposer les bourgs aux tours, ni les petites communes aux grandes. Ce qui nous rassemble, c’est une manière d’agir : proche du terrain, pragmatique, et profondément humaine. »

« L’indépendance n’est pas un flou. C’est une exigence. »

Patrick Grolier, maire de Saint-Léger-les-Vignes.

Refuser les étiquettes

Le sujet des étiquettes politiques revient comme un fil rouge dans le discours des quatre élus. Patrick Grolier l’assume sans détour : « On entend beaucoup de choses sur les indépendants. Certains voudraient nous classer à tout prix. Mais vouloir mettre les élus dans des cases, c’est leur sujet, pas le nôtre. »

Emmanuel Terrien illustre ce propos par son expérience personnelle : « Lors du précédent mandat, quand je défendais du logement social, j’étais de gauche. Quand je créais une police municipale, j’étais de droite. Au final, on avance mieux quand on sort de ces logiques-là. »

Une méthode, pas seulement un discours

Face à l’agitation politique qui a entouré leur annonce, les quatre maires affichent un calme délibéré. « Ces derniers jours, il y a eu beaucoup de commentaires, beaucoup de bruit », observe Laure Beslier. « Nous, nous avons fait le choix du travail, du dialogue et de la clarté. » Une ligne qu’ils résument d’une formule sobre : « Le bruit ne fait pas de bien. Le bien ne fait pas de bruit. »

Le groupe se dit également conscient de participer à une dynamique qui dépasse le seul périmètre métropolitain. « D’autres élus du département partagent cette volonté d’une action publique plus libre, plus responsable et plus proche des réalités », souligne Patrick Grolier.

« On a le droit de se tromper… mais on n’a pas le droit de ne pas essayer. »

Emmanuel Terrien, maire de Mauves-sur-Loire

L’humilité comme boussole

Les quatre élus concluent leur démarche sur une note volontairement modeste, loin des certitudes péremptoires souvent associées aux déclarations politiques. « Nous avançons avec conviction, mais sans certitude absolue », reconnaît Emmanuel Terrien. « Nous ne prétendons pas détenir la vérité. Peut-être nous trompons-nous. Peut-être nous tromperons-nous. Mais dans tous les cas, nous assumerons. »

Une posture rare dans un univers politique où l’aveu de la possibilité de l’erreur ressemble encore à une prise de risque.

Visuel de Une : Le centre de © Mauves-sur-Loire.

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