
Le courrier envoyé le 26 août par le sénateur de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet à Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, vient s’ajouter à une mobilisation qui prend de l’ampleur autour de la passerelle Kawamata.
Un patrimoine né du parcours Estuaire
L’ouvrage, qui relie le bourg de Lavau-sur-Loire à l’observatoire conçu par le plasticien japonais Tadashi Kawamata, a été réalisé entre 2007 et 2009 dans le cadre du parcours Estuaire. Ce projet artistique, initié en 2005, visait à créer un patrimoine culturel commun entre les territoires bordant la Loire, de Nantes à Saint-Nazaire.
Dans son courrier, le sénateur rappelle l’ampleur du financement collectif ayant permis ces réalisations : pour la seule édition 2009, la Ville de Nantes et Nantes Métropole avaient chacune versé un million d’euros, le Conseil départemental de Loire-Atlantique 700 000 euros, et la Région des Pays de la Loire 225 000 euros.
Un contentieux qui interroge sur l’usage des fonds
L’entretien de ces œuvres exposées aux éléments avait été anticipé par les collectivités contributrices, qui ont voté des subventions régulières, de 60 000 à 65 000 euros en 2018, 2020 et 2025 selon le décompte du sénateur.
Mais la passerelle a également fait l’objet d’un contentieux judiciaire. Philippe Grosvalet indique que les arrêts du tribunal administratif de Nantes du 14 août 2018 et de la cour d’appel du 10 juillet 2020 ont condamné les sociétés responsables de la construction à environ 1,5 million d’euros de dédommagement, une somme bien supérieure au coût de construction initial, estimé à 410 000 euros.
Ces fonds ont été reversés à la société publique locale Le Voyage à Nantes, désormais chargée de l’entretien des œuvres du parcours Estuaire.
C’est précisément ce point que reprend la pétition lancée par Jean-Yves Martin, géohistorien et ancien élu du territoire Loire et Sillon : les signataires réclament la publication des études techniques et financières ayant conduit à la décision de déconstruction, ainsi qu’un audit indépendant sur les scénarios alternatifs (réparation, adaptation, reconstruction), avant toute intervention jugée irréversible.
Le sénateur dénonce une décision « difficilement compréhensible »
Pour Philippe Grosvalet, qui se réfère au vieillissement du bois utilisé et aux coûts d’entretien qui en découlent, ces contraintes techniques ne suffisent pas à expliquer la décision.
Il juge la démarche du Voyage à Nantes difficilement compréhensible et appelle Johanna Rolland, à la fois maire de Nantes et présidente des collectivités majoritaires au sein de la SPL, à reconsidérer ce choix, qualifiant l’ouvrage de trait d’union entre les territoires de l’estuaire.
Un rassemblement citoyen samedi
Sur le terrain, le collectif Sauvons la passerelle Kawamata a également fait connaître son opposition au projet, appelant à un rassemblement le samedi 29 août à Lavau-sur-Loire pour exiger un débat public sur l’avenir de l’ouvrage.
Entre démarche parlementaire, mobilisation citoyenne et pétition en ligne, la pression s’accentue donc sur Nantes Métropole et sur Le Voyage à Nantes à quelques jours d’une échéance qui pourrait s’avérer décisive pour l’avenir de cette œuvre emblématique de l’estuaire de la Loire.
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