Quel plaisir que la Belle Plaisance !
La Belle Plaisance est la partie navigation des Rendez-Vous de l’Erdre qui attire, chaque année, un public fourni, sur les berges de la rivière.
Pour cette édition 2025, c’est le canotage qui est mis à l’honneur. Cécil Keriel, en charge de la programmation nautique du Festival nous en parle :
Nous sommes au milieu du XIXe siècle. « Le canotage, c’est un art de vivre sur l’eau que l’on pratique en famille et entre amis. On loue des bateaux à fond plat aux pêcheurs ou mariniers, seuls autorisés à naviguer sur la Seine et la Marne. Puis peu à peu, des chantiers apparaissent dans la capitale, mais aussi à Nantes, un des centres majeurs du canotage. Les immatriculations de bateaux de plaisance passent de 1200 en 1850 à 10 000 en 1858. Ce phénomène marque un tournant dans l’histoire de la plaisance en France. Les bateaux lavoirs servaient à l’amarrage et au gardiennage des canots, à l’image de l’île de Versailles, à Nantes, qui devient le port d’attache de la myriade de petites embarcations qui sillonnent l’Erdre les dimanches : c’est le temps de l’île aux bateaux. »
[presto_player id=95048]« Ce loisir populaire évolue progressivement vers une activité sportive. Sur l’Erdre, les berges s’animent lors des régates pour admirer les courses à virages. »
« Les embarcations varient selon les modes et les résultats sportifs des plus célèbres : les yoles Sorcière-des-Eaux (1845), Atalante (1847), Duc-de-Framboisie (1854-56), Lutèce (1860). Les matériaux changent et les charpentiers, à l’origine plutôt dédiés à la construction des bateaux lavoirs, affutent leurs savoir-faire pour répondre aux commandes. »
Les femmes exclues !
« La Société des Régates Parisiennes (1853) encourage « le goût des courses nautiques » et la création de sociétés en province (le CAN fut créé en 1897) et discipline le canotage à la réputation trop sulfureuse pour les pratiquants « sérieux ». Ce changement entraîne une exclusion des femmes des embarcations, bien qu’elles puissent encore assister aux régates depuis les tribunes… Adieu canotières ! »
« À Nantes, ville stratégique entre mer et rivière, le canotage à voile prend son envol. Elle devient un lieu incontournable pour le développement du yachting (1850-1907). Les grands industriel et notables de la ville se passionnent pour ce sport et investissent dans des bateaux en plus en plus performants. De nouveaux chantiers apparaissent et les architectes navals innovent. A l’image de Talma Bertrand, architecte de Trentemoult, à l’origine du Mac Miche, médaillé d’Or en 1912 à Stockholm, qui dessina aussi le Monotype de Loire en 1928 dont nous verrons la renaissance lors de cette 39e édition des Rendez-vous de l’Erdre. »
Le Talma, Monotype de Loire
Ce bateau élégant, vif et racé conquit rapidement les navigateurs du SNO (Sport Nautique de l’Ouest). Une quinzaine d’exemplaires furent alors construits, principalement dans les chantiers Aubin situés au bord de l’Erdre. Aucun de ces bateaux ne subsiste.

L’association Erdre Voiles Passion s’est donné pour mission de faire renaître le Monotype de la Loire. Elle a entrepris la construction d’une réplique en collaboration avec l’architecte naval François Vivier et avec la participation de l’école de charpente marine Skol Ar Mor à côté de Mesquer.
Nantes Patrimonia nous en dit plus sur les chantiers navals de l’Erdre
Le premier chantier identifié est celui de la famille Levreau, qui s’installe au bord de l’Erdre vers 1845. Mathurin et Pierre Levreau, constructeurs de barques et de bateaux, y travaillent pendant une trentaine d’années. Quand leur activité cesse, la construction navale disparaît des rives de l’Erdre pendant vingt ans.
L’activité reprend quand Charles Rondet ouvre un nouveau chantier sur l’île de Versailles, vers 1890-1895, tandis que Germain Coulommiers lui fait concurrence depuis le quai de Barbin. Entre 1910 et 1920, le nombre de chantiers se multiplie avec l’arrivée de Joseph Mahé, Guibert et Aubin.
Sur vos agendas, les Rendez-Vous nautiques
Jeudi 28 août – Port de Nort-sur-Erdre.
16h : rassemblement de la flottille.
21h30 : illumination du port et des bateaux.
Vendredi 29 août
9h30 : départ du port de Nort-sur-Erdre.
10h30 : défilé des bateaux dans le bras du port de la rivière (Petit-Mars).
10h30 : passage à la Poupinière + concert.
12h30 > 15h : escale en musique au Centre nautique de Mazerolles (Sucé-sur-Erdre).
à partir de 16h30 : arrivée de la Belle plaisance au port de Sucé-sur-Erdre.
Samedi 30 août
10h : départ du port de Sucé-sur-Erdre.
11h : halte nautique en musique à Port Breton (Carquefou).
12h30 > 15h : escale en fanfare à La Grimaudière (La Chapelle-sur-Erdre).
15h15 : passage devant le parc de la Chantrerie (Nantes).
16h : passage devant le Parc Expo de La Beaujoire + concert.
18h15 : parade d’arrivée de la Belle plaisance au Bassin Ceineray.
Dimanche 31 août
12h30 : départ de la flottille du Bassin Ceineray.
13h : passage des bateaux en musique au Port Boyer (Nantes).
13h30 > 15h : dernière escale de la flottille au Port Breton (Carquefou).
14h30 > 15h30 : parade des anciens avirons en bois, Bassin Ceineray (Nantes).
