Saint-Nazaire

Saint-Nazaire : un dépistage gratuit du plomb et de l’arsenic pour les habitants de Méan-Penhoët

À Méan-Penhoët, 58 % des jardins analysés dépassent le seuil sanitaire pour le plomb et 24 % pour l'arsenic. Du 19 octobre au 28 novembre 2026, les habitants peuvent se faire dépister gratuitement.

Les sols de Méan-Penhoët sont chargés en métaux. Plus de la moitié des jardins privés analysés cet été dépassent le seuil de gestion sanitaire pour le plomb. Près d’un quart le dépassent pour l’arsenic. Face à ces résultats, l’Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, la préfecture de Loire-Atlantique, la CARENE, la Ville de Saint-Nazaire et l’Assurance Maladie lancent un dépistage gratuit et volontaire, du 19 octobre au 28 novembre 2026.

Le constat ne date pas d’hier. Depuis 2020, une étude de zone évalue les expositions environnementales des habitants du bassin industriel de la CARENE, à Saint-Nazaire, Donges, Trignac, Montoir-de-Bretagne et Pornichet. Elle avait déjà relevé des points de vigilance sur les sols, en particulier dans ce quartier nazairien.

Deux campagnes de mesures pour y voir clair

De mai à juillet 2026, deux campagnes complémentaires ont été menées. La première, pilotée par l’Université de Nantes et cofinancée par l’ARS et la DREAL, a couvert les cinq communes. La seconde, confiée à un cabinet spécialisé dans les sites et sols pollués, s’est concentrée sur Méan-Penhoët et sur le secteur de Gron, à Montoir-de-Bretagne.

Plomb, arsenic, cuivre, zinc, nickel, chrome et manganèse ont été recherchés sur 200 espaces publics et 115 terrains privés, ces derniers analysés à la demande de particuliers volontaires. Les espaces publics se révèlent moins touchés que les jardins, très probablement parce que leurs sols ont plus souvent été remaniés avec un apport de terre nouvelle.

À Méan-Penhoët, la situation tranche avec le reste du territoire : 58 % des parcelles privées analysées dépassent les seuils de gestion sanitaire pour le plomb, 24 % pour l’arsenic. La partie sud du quartier est la plus concernée. Ailleurs, les dépassements sont beaucoup moins fréquents et plus modérés. L’ARS évoque une contamination très probablement historique, l’hypothèse la plus vraisemblable étant celle de terrains remblayés avec des matériaux douteux.

Les mesures ont aussi permis de mieux connaître la composition naturelle des sols. Au nord de Donges, une formation géologique présente des teneurs élevées en chrome et en nickel, d’origine naturelle. Des mesures complémentaires y sont prévues.

Les propriétaires des parcelles analysées ont reçu leurs résultats, accompagnés de recommandations adaptées. En cas de pollution avérée, l’ARS les a d’abord contactés par téléphone.

Qui peut se faire dépister ?

Le dépistage vise en priorité les habitants du quartier les plus vulnérables : les enfants de 6 mois à 6 ans inclus, les femmes enceintes et celles qui ont un projet de grossesse dans les six mois. Il est aussi ouvert aux enfants à partir de 7 ans et aux adultes qui portent souvent les mains à la bouche, aux jardiniers régulièrement en contact avec la terre et à ceux qui se nourrissent principalement des légumes de leur potager.

Le plomb peut affecter le développement des jeunes enfants et du fœtus. L’arsenic, en cas d’exposition prolongée, peut avoir des effets sur la santé. La présence de métaux dans le sol ne signifie pas pour autant que les habitants y sont exposés : c’est précisément ce que le dépistage doit vérifier.

Une prise de sang et une analyse d’urine

Les personnes concernées peuvent se présenter, avec ou sans rendez-vous, dans un laboratoire d’analyses médicales du secteur. Elles doivent apporter le courriel d’information envoyé par l’Assurance Maladie, le questionnaire disponible sur le site de l’ARS Pays de la Loire, rempli au préalable, et leur carte Vitale.

Une prise de sang permet de rechercher le plomb, une analyse d’urine l’arsenic. Inutile d’être à jeun ou de recueillir les urines du matin. Il est en revanche conseillé de ne pas manger de produits de la mer pendant les trois jours qui précèdent le prélèvement, car ils peuvent fausser le résultat. Aucun frais n’est à avancer : l’ARS et l’Assurance Maladie prennent tout en charge.

Les résultats sont adressés à la personne dépistée, à son médecin traitant et à l’ARS, dans le respect du secret médical. Un résultat élevé ne signifie pas qu’une maladie va se déclarer. Au-delà des valeurs biologiques de référence, le médecin peut proposer un suivi adapté.

Les habitants de Méan-Penhoët qui n’auraient pas reçu le courriel de l’Assurance Maladie peuvent écrire à ars-pdl-se@ars.sante.fr.

Des gestes simples pour limiter l’exposition

L’ARS rappelle quelques précautions. Dehors, se laver les mains après le jardinage, garder les ongles courts, laver régulièrement les jouets d’extérieur et les vêtements de jardin, couvrir la terre nue de végétation et arroser le sol avant de le travailler pour éviter la poussière. À l’intérieur, retirer ses chaussures en entrant et nettoyer les sols à l’humide plutôt qu’à l’aspirateur.

Au potager, mieux vaut privilégier les légumes-fruits comme les tomates, les courgettes ou les poivrons, qui concentrent moins les métaux que les légumes-feuilles, les racines, les tubercules et les aromatiques. Laver soigneusement les légumes, éplucher racines et tubercules, et diversifier l’origine de son alimentation.

Lorsque la pollution est avérée, l’ARS recommande de limiter fortement ou de suspendre la culture en pleine terre, au profit de bacs surélevés remplis de terreau du commerce ou d’un apport de 30 à 50 cm de terre saine. Elle déconseille également de consommer les œufs et la chair des volailles ou lapins élevés en plein air sur ces terrains. L’eau du puits est à éviter de manière générale, tandis que l’eau du robinet, contrôlée par l’ARS, reste conforme.

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