Laurent Hottiaux, préfet de la Loire-Atlantique, a annoncé vendredi 30 octobre une série de mesures pour la journée et la nuit de samedi. Après les mobilisations des 17 et 24 octobre, un troisième samedi d’action est annoncé dans le département. Les appels mêlent la vie chère, les moyens de l’Éducation nationale et le droit de manifester. La date tombe la veille de la Toussaint, soir d’Halloween, et plusieurs collectifs invitent à venir déguisé.
La préfecture qualifie la journée de « à haut risque ». Elle s’appuie sur les violences, les dégradations et les pillages commis lors des deux samedis précédents. Elle affirme aussi qu’aucun des rassemblements annoncés sur les réseaux sociaux n’a été déclaré : pas d’organisateur identifié, pas d’itinéraire, pas de service d’ordre connu.
Les secteurs interdits
Du samedi 31 octobre à 10 h au dimanche 1er novembre à 6 h, les rassemblements, manifestations et cortèges sont interdits dans le centre-ville de Nantes, autour du centre commercial Beaulieu sur l’île de Nantes et du centre commercial Atlantis à Saint-Herblain, ainsi que dans la zone du Bois Dormant. L’interdiction vaut aussi pour le centre-ville de Saint-Nazaire, la zone commerciale du Grand Large à Trignac et un périmètre à Montoir-de-Bretagne. Le tracé exact de ces zones relève des arrêtés préfectoraux.
En amont des grandes villes, policiers et gendarmes effectueront des contrôles sur les axes de circulation et dans les transports en commun.
Armes, artifices et carburant
Sur l’ensemble du département, du vendredi 30 octobre à 20 h au lundi 2 novembre à 19 h, le port et le transport d’armes par destination et d’artifices sont interdits. Même chose pour le transport de carburant ou de récipients divers sans motif légitime. Les équipements de protection destinés à faire échec au maintien de l’ordre sont proscrits sur certaines zones de Nantes et de Saint-Nazaire, de samedi 10 h à dimanche 6 h.
Couvre-feu pour les mineurs
Comme le 24 octobre, un couvre-feu s’applique aux mineurs non accompagnés d’un titulaire de l’autorité parentale, de samedi 20 h à dimanche 6 h, sur des secteurs ciblés de Nantes et de Saint-Nazaire. Les rassemblements organisés autour d’Halloween sont concernés. Le préfet en appelle à la responsabilité des parents.
Ce que risquent les contrevenants
La préfecture rappelle les peines encourues. Participer à un rassemblement interdit expose à une contravention de 135 euros. L’organiser est passible de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Se dissimuler le visage sans motif légitime dans ou aux abords d’une manifestation où des troubles sont commis ou risquent de l’être est un délit puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende, déguisement d’Halloween compris.
L’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique est puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende, deux ans et 30 000 euros s’il est commis en réunion. La destruction d’un bien public d’utilité publique peut valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
Côté commerces, le centre opérationnel départemental sera de nouveau activé en préfecture, avec un canal de liaison direct avec les représentants des commerçants. Ces dispositions ont été présentées vendredi lors d’une réunion présidée par Dominique Yani, secrétaire générale de la préfecture, en présence de la Ville de Nantes, de la CCI et de la CMA.
Ce qu’annoncent les manifestants
À Nantes, le site 17octobregiletjaune.net signale deux rassemblements à 14 h, au Miroir d’eau et place du Commerce. Sur Facebook, Contre-attaque (ex-Nantes révoltée) donne rendez-vous à 17 h place du Cirque et à la croisée des trams, déguisements, sifflets et banderoles à l’appui.
L’union départementale CGT appelle à ce que les rassemblements se tiennent selon les modalités choisies par leurs organisateurs, et invite ses militants à y participer selon ses propres modes d’action, qu’elle veut revendicatifs, pacifiques et massifs.
À Saint-Nazaire, les Gilets jaunes de la Maison du peuple et d’autres collectifs organisent « Faisons peur aux ténèbres », à 18 h au skatepark du boulevard Albert-1er, près de la grande plage. Ils dénoncent la vie chère, la misère, les expulsions, le mal-logement et la précarité, et prévoient une vente de gâteaux au profit du collectif Urgence sociale.
À Châteaubriant, qui ne figure pas parmi les secteurs interdits, l’union locale CGT appelle à manifester samedi avec un départ de la mairie à 10 h. Elle revendique des hausses de salaires et de minima sociaux, des moyens pour l’école, des services publics de proximité et une baisse des taxes et des marges sur les carburants.
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