Sandrine Josso veut donner une voix aux victimes de violences.
À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, la députée de Loire-Atlantique dépose une proposition de loi pour créer un Conseil consultatif des victimes et survivant·es de violences subies durant l’enfance.
Un fléau d’une ampleur alarmante
En France, les chiffres glacent le sang : plus de 160 000 enfants subissent chaque année des violences sexuelles. Derrière ces statistiques se cachent des vies brisées, des traumatismes profonds et un appel répété des victimes et survivant·es aux pouvoirs publics. Leur message est clair : il faut des mesures fortes, structurelles et durables. « Plus jamais ça ! »
Dix-huit mois d’écoute et de travail de terrain
Sandrine Josso n’est pas restée sourde à cet appel. Pendant 18 mois, la députée s’est immergée dans cette réalité douloureuse, multipliant les auditions auprès des victimes et survivant·es. Son travail, mené en collaboration avec des experts, des associations, des professionnels de santé, de la justice et de l’éducation, rejoint les constats et recommandations de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).
Cette démarche approfondie vient de déboucher sur le dépôt d’une proposition de loi visant à créer un Conseil consultatif des victimes et survivant·es de violences subies durant l’enfance et l’adolescence.
Un conseil pour éclairer les politiques publiques
Le dispositif proposé prévoit la création d’un conseil composé de 15 membres, issus des réalités du terrain et représentatifs de la diversité de la société française. Sa mission : éclairer les orientations et les travaux du gouvernement en matière de violences physiques, psychologiques et sexuelles commises durant l’enfance et l’adolescence.
Le conseil disposera de prérogatives importantes. Il sera consulté sur les politiques publiques, pourra s’autosaisir des sujets qu’il juge pertinents, établira en toute indépendance un programme de travail annuel et produira des avis rendus publics.
« Une société qui ne protège pas ses enfants ne croit pas en son avenir »
Pour Sandrine Josso, cette initiative répond à un triple objectif : mieux protéger, mieux écouter et agir efficacement pour enrayer définitivement toutes les formes de violences faites aux enfants.
« Nous devons nous appuyer sur la parole de victimes et tirer les leçons du passé », affirme la députée. « La création de ce Conseil répond non seulement à un impératif moral, mais aussi à une exigence de justice et de dignité. Elle reconnaît que la société a le devoir éthique de prévenir ces violences, de réparer, autant qu’il est possible, ce qui a été brisé, et de garantir à chaque personne concernée le respect dû à son histoire et à son humanité. »
Un message qui résonne particulièrement en cette Journée internationale des droits de l’enfant : « Une société qui ne protège pas ses enfants est une société qui ne croit pas en son avenir. »
Visuel de Une : Sandrine Josso, le 26 mai 2025 aux Chantiers navals à Saint-Nazaire © Alain Moreau.
