
« Qui ont fait une erreur. » Cinq mots ont suffi. Ils visent les services de la Région des Pays de la Loire, et le syndicat CGT des agents territoriaux ne les digère pas. Dans un communiqué daté du 28 septembre, diffusé le jour même à l’ensemble du personnel, il accuse l’exécutif régional de s’abriter derrière son administration dans le dossier du groupe scolaire L’Espérance. Il s’appuie pour cela sur un article de Ouest-France paru le 25 septembre, dont il reproduit un extrait.
Un établissement mis en cause pour des faits de violences
Cet établissement privé sous contrat de Sainte-Cécile, en Vendée, avait été mis en cause début 2026 pour des faits présumés de harcèlement et de violences. La Région devait lui verser cette année une aide de 35 626 euros. Le rectorat de Nantes s’était abstenu sur le versement de subventions publiques, tandis que la Région et le Département de Vendée défendaient leur soutien tant que le contrat d’association avec l’État restait en vigueur. L’aide, qui devait être adoptée en commission permanente le vendredi 25 septembre, a finalement été supprimée.
Ce même 25 septembre, Ouest-France rapporte les propos de l’entourage de la présidente de Région : le vice-président aurait suivi la note des services, « qui ont fait une erreur ». La phrase ne le nomme pas. Mais dans le même article, les deux groupes d’opposition affirment qu’André Martin, vice-président chargé de l’éducation, avait défendu en commission, quelques jours plus tôt, le maintien de la subvention. Une aide facultative, rappelaient-ils, que rien n’obligeait à accorder.
Une communication « lâche »
Pour la CGT, mettre en cause les services « n’est pas une preuve de courage ». Le syndicat parle d’une communication lâche et reproche à l’exécutif d’avoir voulu s’en sortir sur le dos des agents, qui ne font que transposer les orientations politiques décidées par les élus. Il prévient qu’il ne tolérera aucune accusation de ce type, et que les annonces du budget 2027, dont les arbitrages approchent, devront être assumées par les élus « et par eux seuls ».
Le communiqué déborde vite de l’affaire vendéenne. Il vise le « faire moins » revendiqué par la présidente de Région, formule que la CGT rattache au budget 2025 : plusieurs dizaines de millions d’euros en moins et 100 postes supprimés d’ici 2027.
Un rapport sans suite
Ces suppressions ont un coût humain, selon le syndicat. Les représentants du personnel ont obtenu le recours à un expert indépendant pour en mesurer les effets sur la santé des agents et l’organisation du travail. Rendu public en juin, son rapport conclut à un risque grave, toujours d’actualité, et préconise un plan d’actions. La réunion demandée pour le mettre en œuvre n’a toujours pas eu lieu, affirme la CGT.
Pour le secrétaire général Frédéric Brizot, la Région « n’est pas un laboratoire au service d’ambitions personnelles », mais un service public au bénéfice de l’intérêt général.




