
Une aide nationale à l’arrachage des vignes ouverte face à la crise viticole.
Face à une filière viticole en difficulté, l’État lance un dispositif de soutien financier pour accompagner la réduction du potentiel de production. Les viticulteurs ont quatre semaines pour manifester leur intérêt.
La filière viticole française traverse une période difficile. Confrontée à une crise à la fois conjoncturelle et structurelle, elle bénéficie désormais d’un nouveau dispositif d’aide de l’État destiné à réduire le potentiel viticole national.
Un appel à manifestation d’intérêt jusqu’au 6 mars
FranceAgrimer a ouvert ce jeudi 6 février 2026 un appel à manifestation d’intérêt qui courra pendant quatre semaines. Ce dispositif permet aux exploitants viticoles de déclarer leur souhait de bénéficier de l’aide nationale à l’arrachage pérenne des vignes.
Les autorités attirent l’attention des professionnels sur un point essentiel : seuls les viticulteurs ayant manifesté leur intérêt dans le cadre de cet appel pourront prétendre à l’aide. Une fois cette première étape franchie, les exploitants devront formellement confirmer leur demande avant de procéder à l’arrachage.
Un processus en plusieurs étapes
Le versement de l’aide ne sera effectif qu’après réalisation de l’arrachage des vignes et dépôt d’une demande de paiement. Cette procédure en trois temps vise à garantir que les fonds publics soient bien affectés à la réduction effective du potentiel viticole.

Les viticulteurs intéressés peuvent consulter l’ensemble des conditions et critères d’éligibilité, ainsi que les modalités de dépôt et d’assistance, sur le site de FranceAgrimer à l’adresse suivante : https://www.franceagrimer.fr/aides/aide-nationale-larrachage-definitif-de-vignes-2026-publication-dun-appel-manifestation
Pour toute information complémentaire, les exploitants peuvent contacter la DRAAF des Pays de la Loire – Service territorial FranceAgrimer au 02 72 74 70 10 ou par courriel à sreaf.draaf-pays-de-la-loire@agriculture.gouv.fr.
Le vignoble de Loire-Atlantique : un acteur majeur en mutation
Le vignoble de Loire-Atlantique représente aujourd’hui environ 9 350 hectares de vignes en 2024, ce qui en fait le deuxième vignoble des Pays de la Loire après le Maine-et-Loire. Dominé par le vignoble nantais et ses appellations Muscadet, ce territoire viticole s’est considérablement contracté au cours des dernières décennies.
Le département comptait en effet plus de 17 000 hectares au début des années 2000, avant de connaître une diminution de près d’un tiers de sa surface suite aux plans d’arrachage successifs et aux difficultés du marché du Muscadet. Cette érosion s’est encore accentuée récemment avec l’arrachage de 580 hectares supplémentaires en 2025 par 110 viticulteurs confrontés aux aléas climatiques et à la chute de production.
Le secteur reste néanmoins un employeur significatif pour le département, avec environ 500 vignerons encore en activité et plusieurs milliers d’emplois générés par la filière. Si les données les plus récentes au niveau départemental font défaut, les estimations régionales indiquent que la viticulture des Pays de la Loire emploie environ 8 000 personnes au total, de la vigne à la commercialisation, dont une part importante en Loire-Atlantique.
La filière se caractérise par une main-d’œuvre mixte, combinant salariés permanents (environ un tiers des Unités de Travail Annuel), saisonniers (un quart) et exploitants familiaux, avec des besoins particulièrement importants lors des vendanges et des périodes de taille.