Loire-Atlantique

ZAD de Notre-Dame-des-Landes : des semis contre le CRA de Nantes, samedi 10 octobre

Manifestation au Champ de Manœuvre à Nantes, convoi de tracteurs, semis sur la ZAD : samedi 10 octobre, les opposants au centre de rétention administrative veulent empêcher que des terres de Notre-Dame-des-Landes servent de compensation écologique au chantier du Bois Dormant.

Tracteurs, vélos et sacs de semences. Samedi 10 octobre, les opposants au futur centre de rétention administrative (CRA) de Nantes organisent une journée entière de mobilisation, du chantier nantais jusqu’aux terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. L’appel est lancé au niveau national par les Soulèvements de la Terre, avec la coalition Colère Nantes, NDDL Poursuivre Ensemble, ainsi que des habitants et paysans de la ZAD.

Le matin, au Champ de manoeuvre

Rendez-vous est donné à 10 h 30 au Champ de Manœuvre, à Nantes, près du chantier, avec un point presse au départ du cortège. Un convoi de tracteurs et de vélos prendra ensuite la route de la ZAD. À 14 h, une seconde manifestation partira de La Paquelais, à Vigneux-de-Bretagne, jusqu’aux parcelles à ensemencer. Des rencontres autour de l’exil et des résistances aux CRA suivront, puis une soirée de soutien avec DJ set, pizzas et bar.

Les semis visent un point précis du dossier

Pour respecter la loi sur l’eau, l’État doit compenser la destruction de zones humides et d’un espace naturel au Bois Dormant, où sera construit le CRA. Il a choisi pour cela des parcelles de Vigneux-de-Bretagne et de Notre-Dame-des-Landes, préservées après l’abandon du projet d’aéroport : des terrains remblayés où se trouvaient des fermes expulsées et rasées, des terres agricoles et quelques parcelles boisées.

Les opposants affirment que l’État y restreindrait l’usage agricole ou empêcherait la reconstruction de bâtiments anciens. En les cultivant dès cet automne, ils veulent leur garder leur vocation agricole et bloquer leur utilisation comme compensation. Le Groupement des agriculteurs biologiques (GAB 44) et la Confédération paysanne 44 soutiennent l’opération.

Les organisateurs dénoncent un passage en force

Ils rappellent les 90 % d’avis défavorables recueillis lors de l’enquête publique, ainsi que les avis négatifs de la Ville de Nantes, du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel et de la commission locale de l’eau. La préfecture a pourtant délivré l’autorisation environnementale, et l’abattage des arbres du Bois Dormant a commencé le 7 septembre.

Les opposants parlent d’un « greenwashing » de la compensation et soutiennent les recours juridiques engagés contre le projet, dont ceux qui contestent la validité des mesures compensatoires.

Leur appel va plus loin que le seul chantier

Ils qualifient les CRA de rouage des « politiques racistes d’incarcération et d’expulsion » et opposent le coût du programme de rétention au budget de l’Éducation nationale, à l’heure où le mouvement lycéen réclame des moyens. La journée doit, selon eux, relier les mobilisations antifascistes de la métropole aux campagnes de Loire-Atlantique.

Côté État, le CRA de Nantes s’inscrit dans la seconde phase du « plan CRA » du ministère de l’Intérieur, qui vise 3 000 places de rétention en France d’ici 2027. Le centre nantais doit compter 140 places, réservées aux hommes, et une annexe de justice permettant au juge des libertés et de la détention d’exercer son contrôle. Le marché de construction a été attribué en janvier 2026 au groupe Léon Grosse.

Un CRA est un lieu fermé où l’administration retient des étrangers en situation irrégulière dans l’attente de leur éloignement.

Visuel de Une : © Fahid Mohammed Jaseem

Articles similaires