Châteaubriant

« 37, Cielskaïa » au Théâtre de Verre à Châteaubriant

Léocadie, destins déplacés : un voyage au cœur de l’exil familial et de la mémoire européenne.

« 37, Cielskaïa » au Théâtre de Verre à Châteaubriant, le jeudi 29 janvier 2026. Dans « 37, Cielskaïa », le metteur en scène Guillaume Gatteau déroule la mémoire de sa propre famille pour dire l’exil, la perte et la reconstruction. À travers l’histoire bouleversante de sa grand-mère biélorusse déportée pendant la guerre, il signe un théâtre de la filiation et de la transmission, où la grande Histoire s’éclaire à la lumière de l’intime.

Les vies déplacées, les frontières mouvantes et les cicatrices des guerres

Au 37 Cielskaïa, dans un village de Biélorussie, se dresse encore la maison où naquit Léocadie. En 1941, la jeune femme est déportée en Allemagne. Là, elle rencontre un Français, qu’elle épouse avant de le suivre en Vendée à la fin de la guerre. C’est cette trajectoire intime, déchirée par l’Histoire, que son petit-fils, le metteur en scène Guillaume Gatteau, a décidé de porter à la scène en commandant à l’auteur Alexandre Koutchevsky un texte poignant sur les vies déplacées, les frontières mouvantes et les cicatrices des guerres.

« 37, Cielskaïa » au Théâtre de Verre à Châteaubriant
« 37, Cielskaïa » au Théâtre de Verre à Châteaubriant

« Si j’y retournais, j’en mourrais », dit Léocadie, redoutant à la fois les Allemands, les Rouges et le poids du passé.
Déportée d’une Biélorussie partiellement polonaise vers une ferme allemande, elle donnera naissance à sa fille en 1945 à Białystok, au moment où sa terre natale devient soviétique. Ses racines, comme celles de millions d’autres déplacés, seront redessinées par les conférences de Yalta et de Potsdam. En suivant son mari à La Garnache, en Vendée, elle ne reverra plus jamais sa famille.

Dans cette épopée à la fois poétique et politique, Guillaume Gatteau tisse le destin de sa grand-mère à celui d’une Europe fracturée par les frontlines du XX siècle. Par touches sensibles, le spectacle interroge la transmission, la mémoire et l’exil. Autour de lui, une équipe fidèle : Philippe Bodet, Emmanuelle Briffaud, David Maisse, Charline Grand et Gérard Guérif au jeu, Tim Northam à la scénographie et aux costumes, Jean-Pascal Pracht aux lumières, Sylvain Nouguier pour le son, Tommy Poisson à la création vidéo, avec un regard chorégraphique signé Annabelle Loiseau et Pierre Bolo, et le concours historique de Stanislas Jeannesson.

Guillaume Gatteau, le théâtre comme mémoire vivante

Directeur artistique de la compagnie La Fidèle Idée, Guillaume Gatteau s’est imposé au fil des années comme l’une des voix les plus sensibles du théâtre de territoire. Son travail explore les liens entre intime et collectif, mémoire et engagement. Après des créations comme Messe pour une planète fragile ou La fin du monde (en 5 actes), il poursuit une démarche profondément humaniste : faire du plateau un espace de partage où l’émotion individuelle rejoint la conscience politique. L’année passée, à Angers Nantes Opéra, il met en scène « Messe pour une Planête fragile » du compositeur Guillaume Hazebroucq, sur un livret de la poétesse sud africaine Anjie Krog

Avec Léocadie, il pousse plus loin cette recherche, en mêlant document et fiction, mémoire familiale et réflexion sur l’Europe d’aujourd’hui. Loin d’un simple récit biographique, c’est une ode à la résilience et à la complexité des identités héritées de l’Histoire.

« 37, Cielskaïa » au Théâtre de Verre à Châteaubriant, le jeudi 29 janvier 2026.

Visuels : © Marie Petry.