Au pied des tours de Malakoff construites il y a près de soixante ans, la pataugeoire du square de Chypre a réuni ce mercredi les familles du quartier et Laurent Hottiaux, nouveau préfet de Loire-Atlantique, venu constater sur place l’action de l’État dans ce quartier prioritaire.
Nous sommes début août, au bas des tours, c’est fête. Des barnums sont installés sur la pelouse qui borde la pataugeoire, ateliers peinture et dessin sous la toile. Les mômes rient, courent, s’aspergent, s’escriment à coups de frites en mousse de toutes les couleurs. Il fait soleil.
Les mamans sont là en nombre, assises à l’ombre
Sur un banc, un homme jeune accompagne son fils de cinq ans. Un papa solo, c’est assez rare. Deux agents de médiation sont attentifs, bienveillants, au milieu des enfants, des rires, des cris. Le surveillant de baignade surplombe la volée de gamins, son fusil à eau en bandoulière. Plus loin, sous une tente Dalo, une scène et des musiciens se préparent, car aujourd’hui à Malakoff, c’est fête.
À Malakoff, ces tours qui dominent la pelouse ont poussé dans entre 1967 et 1971, avec un ensemble de cinq barres et onze tours qui structure encore aujourd’hui le quartier. Près de soixante ans plus tard, c’est au pied de ces mêmes immeubles que se joue, ce mercredi, une tout autre scène, celle d’un après-midi de fête pour les enfants du quartier.
C’est dans ce décor que le nouveau préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, s’est rendu ce 5 août en fin d’après-midi, square de Chypre. Une visite pour rencontrer les familles, les associations et constater sur place les actions engagées par les services de l’État dans ce quartier prioritaire de la ville (QPV).
Tom Follet, sous-préfet en charge de la Ville et de la cohésion sociale, l’accompagne.
Quartiers d’été
Cette action précise s’inscrit dans le dispositif national Quartiers d’été, piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires, qui propose duant deux mois, aux familles qui ne peuvent pas partir en vacances, des activités culturelles, sportives et de loisirs aux habitants des quartiers prioritaires.
Depuis le 22 juillet et jusqu’au 8 août, six pataugeoires sur les dix-huit que comptent la ville de Nantes sont animées, dont cinq situées en quartier prioritaire, avec le soutien de partenaires associatifs et institutionnels, dans le cadre du contrat de ville métropolitain 2024-2030.
Malakoff fait partie des 19 quartiers prioritaires de la politique de la ville recensés en Loire-Atlantique.
L’action de l’État dans les quartiers
Interrogé sur le soutien de l’État aux quartiers prioritaires, Laurent Hottiaux a tenu à replacer l’action de la préfecture au-delà du seul volet sécuritaire. « Il ne s’agit évidemment pas d’opposer » lutte contre le narcotrafic et soutien à la prévention, a-t-il insisté, les deux étant à ses yeux également essentiels.
Le préfet a rappelé l’ampleur du programme de rénovation urbaine mené sur Malakoff, avec trois phases successives jusqu’en 2025 et un engagement de près de 255 millions d’euros. Il a également évoqué le soutien apporté aux médiateurs et adultes relais, deux d’entre eux étant affectés au quartier, ainsi qu’à l’éducation artistique et culturelle, à l’accès à la lecture, à la musique et au sport.
Nantes Métropole, Saint-Nazaire et Châteaubriant
Sur le financement propre à la politique de la ville, Laurent Hottiaux a précisé que l’État consacre 3 millions d’euros par an à l’ensemble des trois contrats de ville de Loire-Atlantique, à Nantes Métropole, Saint-Nazaire et Châteaubriant, en dehors des crédits de la CAF ou de l’Agence régionale de santé. Pour lui, cette politique vise aussi à déconstruire une image, celle de quartiers privés de dynamisme, alors que s’y exprime la même aspiration à accéder aux services publics, à l’éducation et à la culture.
Et puis, ce mercredi après-midi, c’est bien le même soleil qui inonde les plages de Rio, de La Baule, et la pelouse du square de Chypre, au bord du bleu azur de la pataugeoire, les enfants de Malakoff ont eu, eux aussi, leur content de rires et d’éclaboussures.
Visuel de Une : CC – Yianni Mathioudakis




