L’exposition photographique en plein air « Cargo, les photographiques de Saint-Nazaire », portée chaque été par l’association L’Art à l’Ouest, se retrouve cette année au cœur d’une polémique. Le festival, qui consacre son édition 2026 au thème de la plage, présente notamment un cliché montrant deux femmes voilées profitant du bord de mer. Ce visuel a suscité des critiques relayées sur les réseaux sociaux et reprises par certains médias, ce qui a poussé David Samzun, maire de Saint-Nazaire, à réagir publiquement.
Dans une tribune diffusée ce 6 août, l’édile refuse de laisser passer ce qu’il qualifie de mécanisme récurrent. Il affirme vouloir « condamner toujours avec la plus grande vigueur les attaques des populistes de tous bords envers les artistes, les universitaires et leur liberté de recherche et de création », estimant que l’été 2026 « est loin d’être paisible » pour la création.
Le maire nazairien situe la polémique visant Cargo dans une séquence plus large, en évoquant deux exemples opposés sur l’échiquier politique. D’un côté, il cite l’interruption du concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble par des militants de La France insoumise, quelques semaines plus tôt, sans qu’ils aient été « jamais déjugés par les responsables de leur organisation ». De l’autre, il pointe la mobilisation actuelle de l’extrême droite contre l’exposition Cargo, relayée selon lui par « un animateur vedette du système médiatique Bolloré ».
Pour David Samzun, ces réactions ne relèvent pas de l’anecdote. Il les décrit comme des obsessions structurantes, écrivant qu’elles sont « au cœur de leur projet politique et de leurs méthodes, au service d’une police de la pensée et des émotions ». Il élargit ensuite son propos à l’échelle internationale, citant en exemple les pressions exercées aux États-Unis sous l’administration Donald Trump sur les universités et les médiathèques, sommées selon lui de retirer certains ouvrages de leurs rayons.
Le maire établit un lien direct entre ce climat et la multiplication, en France, de concerts interrompus par des militants politiques. Il y voit un phénomène qui « alimente la violence politique, de manière parfaitement volontaire, y compris en recourant à la violence physique », et un signal sur la manière dont ces forces politiques exerceraient le pouvoir si elles y accédaient un jour.
C’est au nom de ce principe que David Samzun justifie sa prise de position sur l’exposition nazairienne. Il assure vouloir continuer, en tant que maire, à « défendre la liberté des acteurs culturels d’inviter tous les artistes qu’ils souhaitent accueillir sur scène ou dans leurs tables rondes », présentant la photographie comme un sujet de société à part entière, qui mérite selon lui toute sa place dans l’espace public nazairien.
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