Alain Hunault annonce qu’il se représente à Châteaubriant pour les prochaines échéances municipales de mars prochain. L’actuel maire, devrait faire son annonce officielle ce mercredi 7 janvier 2026, jour de marché à Châteaubriant, en mairie à 12 h 30 .
Alain Hunault, vingt-cinq ans de règne sur Châteaubriant et un art consommé du cumul, s’apprête à remettre son mandat en jeu comme on rejoue une partition mille fois rôdée. À l’ombre du château et dans le sillage d’une dynastie familiale solidement installée, le maire sortant vise un cinquième bail à la tête de la commune, sans renoncer à ses autres leviers de pouvoir.
Un héritier bien installé
Fils de Xavier Hunault, figure tutélaire de la droite locale, et frère jumeau de l’ancien député Michel Hunault, Alain Hunault est né le 14 février 1960 dans un paysage politique déjà balisé par les siens. Notaire de profession, il s’est progressivement imposé comme le nouveau patron de Châteaubriant, prolongeant le règne familial sans véritable partage.
Élu maire en 2001, il s’installe durablement dans un fauteuil qu’aucune alternance n’est venue contester sérieusement depuis près d’un quart de siècle, capitalisant sur un nom et un réseau qui structurent la vie politique locale depuis plusieurs décennies.
Quatre mandats derrière lui, un cinquième en ligne de mire
Depuis sa première victoire municipale, Alain Hunault a enchaîné les réélections en 2008, 2014 et 2020, transformant l’hôtel de ville en citadelle imprenable. Chaque scrutin confirme un peu plus l’emprise de l’élu sur la commune, malgré une usure du pouvoir régulièrement dénoncée par ses opposants.
En 2026, le maire sortant se représente pour un cinquième mandat consécutif, comme une évidence plus qu’un pari, dans une campagne où la question n’est plus tant de savoir qui il est que s’il existe encore une place pour l’alternance à Châteaubriant.
Le pouvoir aussi à l’échelle intercommunale
Loin de se contenter de la mairie, Alain Hunault a très tôt investi le niveau intercommunal, d’abord au sein de l’ancienne communauté de communes du Castelbriantais, puis à la tête de la communauté de communes Châteaubriant–Derval. À ce poste, qu’il a conservé lors de l’installation du nouveau conseil communautaire pour la période 2020‑2026, il pèse sur l’aménagement du territoire, l’économie locale et les grands équipements. Ce cumul entre mairie-centre et présidence intercommunale lui donne la main sur l’essentiel des leviers de décision, de la répartition des zones d’activités aux politiques de mobilité, renforçant un pouvoir jugé très vertical par ses adversaires.
Un hyper‑cumul assumé, contesté sur le terrain
Maire, président de l’intercommunalité, longtemps présent dans diverses instances locales ou associatives d’élus, Alain Hunault illustre ce modèle d’hyper‑cumul qui résiste aux réformes et continue de façonner le visage de nombreux territoires. Le maillage de fonctions lui permet d’arbitrer les dossiers, d’accorder ou de refuser des soutiens, et d’occuper l’espace politique à tous les niveaux.
Ses partisans voient dans cette concentration des responsabilités la garantie d’une ligne claire et d’une continuité de l’action publique, quand ses opposants y lisent au contraire un verrouillage du débat démocratique et un affaiblissement des contre‑pouvoirs locaux.
Quand le local tente de monter en gamme
En 2024, le maire de Châteaubriant a tenté de transformer son ancrage local en tremplin national en se présentant aux élections législatives dans la 6ᵉ circonscription de Loire-Atlantique. Candidat de droite, d’abord adoubé par Les Républicains avant de s’en éloigner, il se heurte alors à un paysage recomposé, où l’union de la gauche et le Rassemblement national marginalisent sa candidature. Arrivé seulement troisième, il mesure les limites d’un système bâti sur un bastion local, solide mais difficilement exportable, loin des équilibres nationaux et des nouvelles oppositions politiques.
Une ville sous emprise politique
À Châteaubriant, la figure d’Alain Hunault sature l’espace public au point de structurer la vie politique autour de son seul nom, entre fidèles, déçus et opposants chroniques. Les grands dossiers – développement économique, rénovation urbaine, équipements structurants – portent sa marque, autant que les critiques sur l’absence de respiration démocratique.
À l’heure où il brigue un cinquième mandat, la campagne municipale qui s’ouvre dira moins si le maire sortant peut encore gagner que si la ville est prête, ou non, à se défaire d’un système dont il est devenu le symbole.
Visuel de Une : En 2001 la dessinateur © Frap croquait la dynastie Hunault dans La Lettre à Lulu.
