Castel-Viandes : 100 000 euros et du sursis requis

Castel-Viandes : 100 000 euros et du sursis requis par Eric Calut, procureur de Nantes dans l’affaire Castel-Viandes.

Jeudi 6 et vendredi 7 mai 2022, se tenait au Tribunal de Nantes, l’audience de Castel-Viandes. Un sombre histoire de remballe de viande à la date dépassée, de viande souillée par des salmonelles ou de l’E.Coli. Des pratiques que l’on croyait d’un autre âge. Les récentes affaires de scandale sanitaire Ferrero et Buitoni nous rappellent qu’il convient d’être vigilant.

Me Benoit Chabert, Me Me Louis-Georges Barret pour Castel-Viandes s’entretiennent avec Me Eva Joly, conseil de Pierre Hinard © Alain Moreau.

Trois prévenus à la barre

A la barre étaient appelés, neuf ans après les faits, le groupe Castel-Viandes de Châteaubriant (Loire-Atlantique), son PDG Joseph Viol ainsi que deux cadres, Michelle Mahé (Perron) et Denis Leclerc, qui travaillent toujours dans l’entreprise. Ils doivent répondre devant le tribunal correctionnel de “tromperie sur la qualité d’une marchandise”, “mise sur le marché de produits d’origine animale préjudiciables à la santé” et “entrave” à des contrôles sanitaires entre 2010 et 2013.

Le parquet requiert des peines de quatre à douze mois de prison avec sursis et jusqu’à 15.000 euros d’amende vendredi à l’encontre de trois cadres du groupe Castel Viandes.

Une amende de 100.000 euros a l’encontre de la société

Pour Eric Calut, procureur ” des faits extrêmement nombreux qui ne résultent pas d’une simple erreur mais d’un mécanisme global de commercialisation systématisée de viande contaminée”. Il pointe également des méthodes motivées par la “recherche de profit”.

Me Eva Joly, représentait Pierre Hinard, partie civile, ainsi qu’une association de consommateurs . Elle approuve les réquisitions du parquet qu’elle considère  “proportionnées à la gravité des infractions”.

Dès le début de l’audience, les prévenus rejettent tout. Pour Me Louis-Georges Barret, avocat de Denis Leclerc : “Voilà un dossier dans lequel il n’y a rien. Il n’y a pas de malades, il n’y a pas de victimes, pas de tromperie. Rien de rien”.

L’information judiciaire avait été ouverte en 2013 à la suite d’accusations portées par Pierre Hinard, licencié. A sein de l’entreprise, il était directeur qualité. Il affirmait que le groupe pratiquait à l’époque la “remballe” de viande avariée.

On constate qu’en fait il n’y a rien

Pour Me Benoit Chabert, qui défend  Castel-Viandes :

Le parquet n’a pas du tout démontré. Il a affirmé. Et c’est tout le dossier depuis le début. On affirme, mais on ne démontre rien. Et lorsqu’on regarde le dossier et  qu’on l’analyse, on constate qu’en fait il n’y a rien. Et que tout ce qui est critiqué ne correspond pas, ne caractérise pas une infraction. 

C’est ça toute la difficulté… Dire qu’on accuse sans aucune démonstration matérielle. Et nous, on prouve, pièces à l’appui, de façon concrète, que tous les griefs évoqués contre Castel-Viandes ne sont pas fondés. Castel-Viandes est innocent, Castel-Viandes n’a commis aucune infraction. Pour condamner quelqu’un,  pour condamner une société, il y a des règles, il y a un code pénal,  en l’espèce les règles communautaires. Elles n’ont jamais été transgressées.

On est dans un dossier qui a été, non pas monté de toutes pièces mais qui était lu avec un parti pris. Jeff Viol, Castel-Viandes sait qu’en plaidant la relaxe, c’est la vérité.

J’ai écouté et je vais démontrer que ce qu’il dit ne sont que des affirmations et pas des démonstrations. On ne peut pas condamner quelqu’un sur des infirmations. On condamne sur des démonstrations.  Et il y a eu aucune démonstration.

Pour Eva Joly, et maintenant il faut que justice se fasse

Je suis très heureuse du fait que ce dossier est enfin jugé. Les faits sont très anciens. Le fait que les faits sont anciens ne changent rien à la gravité de leur nature.

Donc je suis tout à fait satisfait de procureur de la République qui a requis de l’emprisonnement avec sursis à l’égard des dirigeants de l’entreprise et des amendes. Et une amende contre l’entreprise elle-même comme personne morale. Sinon il y a pas de commentaire à faire. Nous sommes dans un cadre de débat contradictoire et maintenant il faut que justice se fasse.

Donc il y a rien d’autre à dire que j’ai confiance dans les faits que la justice a entendu l’ensemble des parties. Et qu’elle va rendre un jugement renseigné.

Alain Hunault, maire de Châteaubriant et son frère jumeau

Dans le dossier, il est indiqué par les enquêteurs qu’ils reçoivent des coups de fil. Et il est de notoriété publique que le maire de Châteaubriant revendique son amitié ancienne et profonde avec le PDG de l’entreprise. Il dit sur la place publique qu’il trouve scandaleux qu’un fleuron de l’industrie de Châteaubriant puisse être inquiété. Donc on voit bien l’influence politique, pas simplement du maire, mais du frère jumeau, le député Michel Hunault qui est responsable aujourd’hui le service anti-blanchiment à Monaco.

 

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