Châteaubriant

Castel Viandes de nouveau mis en demeure, cette fois sur la bâche d’eaux usées

Un mois après la déchirure de la poche de stockage, la préfecture met de nouveau en demeure Castel Viandes sur ses réseaux d'eaux pluviales et sa bâche détruite.

Un mois après la rupture brutale de la citerne souple de stockage d’eaux usées, qualifiée ainsi par la préfecture plutôt que d’explosion, qui avait pollué la Chère et le Rollard, l’abattoir castelbriantais Castel Viandes fait l’objet d’un nouvel arrêté préfectoral.

Signé mardi 12 août par le sous-préfet de Châteaubriant-Ancenis, Marc Makhlouf, par délégation du préfet, ce texte, référencé arrêté n°2026/ICPE/257, impose à l’entreprise le suivi et la remise en état des réseaux d’eaux pluviales, ainsi que l’installation d’un nouveau dispositif de stockage pour remplacer la bâche détruite.

C’est le deuxième arrêté du genre en quelques semaines pour l’entreprise de l’avenue Quentin Miglioretti à Châteaubriant.

Le 27 juillet, la préfecture avait déjà mis en demeure Castel Viandes de produire, dans un délai de trois mois, un diagnostic sur l’état de ses tuyauteries et de ses équipements de réfrigération à l’ammoniac, dans le sillage d’une fuite survenue le 5 décembre 2025. Nous étions revenus en détail sur le contenu de cet arrêté, ses motifs et son calendrier dans notre article du 27 juillet.

Cette fois, les mesures répondent directement à l’accident du 10 juillet

Ce jour-là, la poche souple servant au stockage tampon des effluents de l’abattoir s’était rompue, déversant environ 350 m³ d’eaux usées hors du périmètre du site : dans les rues avoisinantes, sur la voie verte, puis dans les cours d’eau. La préfecture qualifie dans son arrêté cette pollution de significative pour le milieu naturel.

Châteaubriant : Castel Viandes de nouveau mis en demeure, sur l’ammoniac cette fois

Cet arrêté du 12 août s’appuie sur le rapport d’inspection de la direction départementale de la protection des populations (DDPP 44) daté du 17 juillet 2026. Conformément à la procédure contradictoire prévue par le code de l’environnement, le projet d’arrêté avait été transmis à l’exploitant le 21 juillet, qui disposait de 15 jours pour formuler ses observations. Jeff Viol a fait parvenir ses remarques par courriel le 7 août, cinq jours avant la signature du texte définitif.

L’arrêté du 12 août fixe une série d’échéances resserrées

Sous sept jours, l’entreprise doit transmettre à la préfecture les mesures provisoires envisagées en attendant le remplacement de la bâche. Elle doit aussi mettre en place un suivi qualitatif renforcé des eaux pluviales, avec une analyse hebdomadaire durant le premier mois dans la mesure du possible selon les précipitations, prolongée le mois suivant si les résultats ne sont pas conformes.

Un point de situation complet sur la gestion des déchets collectés après l’accident est attendu sous quinze jours. Le 1ᵉʳ octobre au plus tard, l’entreprise devra remettre un porter à connaissance retraçant l’arbre des causes de l’accident. Préalablement au démarrage des travaux de remplacement de la citerne, l’arrêté impose également une actualisation de l’étude des dangers du site, en application de l’article 51 de l’arrêté ministériel du 4 octobre 2010, afin d’intégrer l’accident du 10 juillet. Enfin, la préfecture lui laisse un délai maximal de six mois pour installer et mettre en service un équipement de stockage tampon des effluents jugé suffisant et adapté, en lieu et place de la bâche.

Châteaubriant : ce que l’on sait de la fuite chez Castel Viandes

Le PDG de l’entreprise, Jeff Viol, affirme suivre cette procédure et avoir déjà mobilisé les moyens nécessaires au nettoyage des cours d’eau. Les camions-citernes de Séché Urgence Intervention, dont nous avions suivi l’intervention pendant plusieurs jours à Châteaubriant début juillet, avaient assuré ce nettoyage dans les rues et le long des berges. Sur le principe même du stockage en bâche, Jeff Viol indique qu’il ne sera pas reconduit, un mode de stockage qu’il présente désormais comme dépassé pour son entreprise.

Castel Viandes s’expose à des sanctions

En cas de non-respect de ces délais, l’entreprise s’expose aux sanctions prévues à l’article L.171-8 du code de l’environnement, qui peuvent aller jusqu’à des poursuites pénales. L’arrêté sera par ailleurs publié pendant deux mois sur le site des installations classées de Géorisques ainsi que sur celui de la préfecture de Loire-Atlantique.

Cet arrêté s’ajoute à un historique déjà chargé pour l’abattoir castelbriantais, qui emploie environ 300 salariés. Une précédente mise en demeure, portant sur un risque incendie lié au stockage d’emballages, avait été levée en avril 2025 après près de trois ans de procédure. Nous avions retracé cet historique administratif, inspection par inspection, à partir des rapports disponibles sur Géorisques.

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