Dans un article publié le 31 juillet 2026, sur le site officiel la municipalité de Châteaubriant annonce que les grands panneaux publicitaires quittent peu à peu le paysage castelbriantais, dans le cadre de sa politique d’amélioration du cadre de vie et de l’application du règlement local de publicité approuvé en 2024. Le texte évoque une démarche engagée, comme s’il s’agissait d’une initiative en cours de déploiement.
Pour Châteaubriant, ce délai expirait le 1ᵉʳ mars 2026
Le rappel des dates change la lecture de cette communication. Le Réglement Local de Publicité de Châteaubriant a été arrêté par le conseil municipal le 9 juin 2023, puis approuvé le 20 décembre 2023. Il est entré en application le 1ᵉʳ mars 2024. Or le code de l’environnement fixe un principe constant, rappelé aussi bien par les services de l’État que par le ministère de la Justice : lorsqu’un nouveau règlement local de publicité entre en vigueur, tous les dispositifs existants, publicités et préenseignes comprises, doivent être mis en conformité dans un délai de deux ans.
La mairie s’accommode du code de l’environnement
Autrement dit, les panneaux 4 x 3 mètres encore présents sur le territoire communal après cette date se trouvaient déjà en infraction avec le règlement que la mairie a elle-même adopté. La communication de fin juillet ne relate donc pas une avancée volontaire, mais un rattrapage engagé après l’expiration du délai légal.
La question de la responsabilité municipale se pose avec d’autant plus d’acuité que la police de la publicité a changé de main au même moment.
Le maire de Châteaubriant en retard sur les délais légaux
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, dès lors qu’une commune dispose d’un Réglement Local de Publicité approuvé, c’est le maire, et non plus le préfet, qui exerce cette compétence. Cela inclut l’instruction des demandes d’installation mais aussi la faculté de mettre en demeure les afficheurs en infraction et, le cas échéant, de faire exécuter d’office le retrait des dispositifs non conformes. Le respect du délai de deux ans relevait donc directement de l’autorité communale.
Châteaubriant n’échappe pas à ce phénomène plus large que l’on a pris l’habitude d’appeler la « France moche » : ces entrées de ville saturées de grands panneaux publicitaires, de zones commerciales standardisées et de dispositifs d’affichage laissés à l’abandon bien après l’expiration des délais légaux.
Châteaubriant, mètre étalon de la France moche
Le voyageur de passage qui emprunte la route de Saint-Nazaire garde ainsi une image bien abîmée de la ville. La zone commerciale Horizon n’est pas sans rappeler ce que fut, à la fin du siècle dernier, la route de Vannes à Nantes, avec ce côté « boulevard du meuble » un peu désuet, qui laisse au chaland un certain dégoût.
Le maintien de panneaux 4 x 3 mètres hors délai n’est donc pas un simple retard administratif, mais la manifestation locale d’un abandon esthétique plus général, où le paysage périurbain reste le dernier souci d’une action publique qui se concentre ailleurs.
La sous-préfecture du nord de la Loire-Atlantique illustre à sa mesure la « France périphérique », ces territoires qui cumulent affaiblissement du commerce de centre-ville, dépendance à la voiture et dégradation du cadre de vie aux abords des axes de circulation.
Sur le fond, la mairie a choisi de conserver les formats 2, 4 et 8 m², seuls les 4 x 3 mètres étant visés par le retrait. Cette gradation par surface correspond à un usage courant des RLP, qui peuvent fixer des règles plus restrictives que le règlement national sans supprimer toute forme d’affichage commercial de proximité. Ce choix de zonage n’est pas en cause ici. C’est le calendrier de sa mise en œuvre, et la manière dont il est présenté au public, qui posent question.



