
Châteaubriant commémore les fusillés du 22 octobre 1941.
L’Amicale organise un week-end mémoriel placé sous le signe de « la joie retrouvée », en résonance avec les valeurs de la Libération
Châteaubriant (Loire-Atlantique) — Pour la 84e année consécutive, la Loire-Atlantique s’apprête à commémorer l’exécution de vingt-sept otages le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, acte de représailles ordonné par les autorités allemandes après l’attentat contre le Feldkommandant Karl Hotz à Nantes. Un week-end mémoriel est organisé les 18 et 19 octobre par l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt, association créée en 1945 par les survivants des camps d’internement.
Cette année, l’association a choisi de placer ces cérémonies sous le thème des « Jours heureux », en référence au programme du Conseil national de la Résistance qui inspira les grandes réformes sociales de la Libération. « Nous souhaitons rappeler la victoire finale, la libération des camps et les ordonnances de 1945 », explique Carine Picard Niles, présidente de l’Amicale, qui interviendra dimanche lors de la cérémonie officielle.
Un programme dense sur trois jours
Les commémorations débuteront le vendredi 17 octobre à 17 h 45 par une veillée au Monument aux 50 Otages à Nantes, avec une évocation artistique et historique proposée par le Théâtre d’ici ou d’ailleurs. Le lendemain, plusieurs hommages se succéderont : à la stèle du camp de Choisel, où furent internés de nombreux résistants et otages, puis au château de Châteaubriant, où les corps des fusillés furent entreposés après l’exécution. La journée se conclura par le vernissage d’une exposition consacrée au thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation : « La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi ».
Dimanche, la cérémonie officielle se tiendra à 14 h 30 à la carrière des Fusillés. Stéphane Peu, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, représentera le Parti communiste français, formation à laquelle appartenaient la plupart des otages exécutés. Une évocation historique chantée clôturera les commémorations vers 16 h 30.
Entre devoir de mémoire et combats contemporains
L’Amicale entend également inscrire ces commémorations dans les enjeux actuels. « La lutte contre l’antisémitisme et toutes les démonstrations de xénophobie » figure parmi les thèmes mis en avant par l’organisation, qui défend des « valeurs d’entraide, de solidarité des peuples, de progrès et de justice sociale ». Un positionnement qui témoigne de la volonté de l’association de faire résonner l’histoire avec les préoccupations contemporaines.

Un hommage particulier sera rendu samedi à Rino Scolari, ancien interné du camp de Choisel et ancien secrétaire général de l’Amicale, disparu en 1983. La mémoire des fusillés du 15 décembre 1941 à La Blisière sera également honorée dimanche matin.
Depuis sa création en 1945, l’Amicale perpétue le souvenir de ces exécutions qui marquèrent un tournant dans la politique de répression allemande en France occupée. Les vingt-sept otages fusillés le 22 octobre 1941, auxquels s’ajoutèrent vingt-trois autres victimes le 15 décembre suivant, demeurent le symbole de la résistance à l’occupation nazie.