Châteaubriant

Châteaubriant : des employeurs labellisés pour leur soutien aux pompiers

Le Centre d'Incendie et de Secours de Châteaubriant a réuni mardi 26 mai 2026, à 17 h 30, plusieurs employeurs locaux pour une cérémonie de remise des labels "Employeur partenaire des sapeurs-pompiers". Une reconnaissance officielle pour les entreprises et collectivités qui facilitent au quotidien l'engagement de leurs salariés comme sapeurs-pompiers volontaires.

Le CIS de Châteaubriant compte 27 sapeurs-pompiers professionnels, un effectif qui passera à 29 d’ici quelques mois. À leurs côtés, 45 volontaires, hommes et femmes, viennent renforcer les équipes sur l’ensemble des missions : aide aux personnes, accidents de la route et lutte contre l’incendie. En 2023, le centre a réalisé 1 400 interventions.

Une cheffe de centre au parcours atypique

À la tête du centre depuis 2021, le capitaine Eztitxu Esponde, 40 ans, incarne une vocation de longue date : originaire du Pays basque, elle envisageait ce métier dès l’âge de 13 ans. Formée en hygiène, sécurité et environnement, elle a intégré le corps des officiers par concours. Sous son commandement, la mixité progresse parmi les volontaires du centre, dans un métier qui reste encore très majoritairement masculin à l’échelle nationale.

Des employeurs qui libèrent leurs salariés

Pour que les pompiers volontaires puissent quitter leur poste de travail au moment d’une alerte, l’accord de leur employeur est indispensable. C’est précisément cet engagement que la cérémonie du 26 mai est venue saluer officiellement.

Sapeurs-pompiers volontaires chez Kuhn entourant le directeur, M.Lacroix.

Quatre structures ont reçu le label « Employeur partenaire des sapeurs-pompiers » : l’entreprise Medline, le constructeur de matériels agricoles Kuhn, la Communauté de Communes de Châteaubriant-Derval et la Ville de Châteaubriant, ces deux dernières représentées par le maire.

Chaque label correspond à des sapeurs-pompiers volontaires conventionnés : Coralie chez Medline ; Florent, Frédéric, Fabien et Valentin chez Kuhn ; Kilian au sein de la Communauté de Communes ; Guillaume pour la Ville de Châteaubriant.

Philippe Mérel, nouveau président de l’ADIC, l’Association pour le Développement Interentreprises de la région de Châteaubriant, participait également à la remise.

Un modèle français à défendre

La soirée a aussi été l’occasion d’un message plus grave porté par le commandant Jean-Noël Thomazeau, adjoint chef du Groupement Nord du SDIS44. Il a insisté sur la fragilité du modèle français du volontariat, admiré et étudié à l’étranger, mais aujourd’hui menacé par l’érosion des vocations et par une réglementation européenne de plus en plus contraignante. Son appel aux chefs d’entreprise était direct : conventionner ses salariés volontaires, c’est contribuer à maintenir un service de secours de proximité que rien d’autre ne pourrait remplacer à ce coût et avec cette réactivité.

L’adjudant Régis Leblay, commandant le centre de Derval  et le commandant  Jean-Noël Thomazeau du SDIS44.

La directive européenne 2003/88/CE sur le temps de travail, si elle était appliquée aux pompiers volontaires, diviserait quasiment par deux leur disponibilité, instaurerait des jours de récupération obligatoires et interdirait les interventions des jeunes de 16 à 18 ans. Cela rendrait le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels impératif, avec un accroissement considérable de la masse salariale.

Le volontariat accessible à tous

Le capitaine Esponde a tenu à lever un frein encore trop répandu : le profil du pompier athlétique et surpuissant appartient au passé.

Toute personne normalement constituée, homme ou femme, peut prétendre au volontariat. La formation est exigeante, avec 35 à 40 jours d’engagement la première année, mais elle est progressive et accessible.

Également présents : le capitaine Yann Winckel, chef du bureau RH du Groupement Nord, et le lieutenant Régis Leblay, référent volontariat, qui commande le centre d’incendie et de secours de Derval.

Visuels : © Alain Moreau.

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