
Châteaubriant commémorait ce vendredi 8 mai le 81e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie, sous un soleil généreux qui a accompagné l’ensemble des cérémonies.
Dès 9 h 50, les délégations d’anciens combattants et leurs porte-drapeaux se sont rassemblés sur le parvis de l’église Saint-Nicolas, avant d’assister à la messe célébrée à 10 h. La cérémonie officielle, organisée conjointement par la Municipalité et le Groupement des Associations d’Anciens Combattants et Patriotiques de Châteaubriant, s’est tenue à partir de 11 h devant le monument aux morts, esplanade des Terrasses, suivie d’un verre de l’amitié au foyer-restaurant. Lors de ce moment de recueillement et de souvenir, Lucien Garda, au noms des Anciens Combatants a pris la parole. Puis ce furent deux jeunes, du Conseil Municipal des Jeunes de Châteaubriant qui s’exprimèrent devant l’assemblée de porte-drapeaux, d’officiels et de représentants des corps constitués.
La lecture de la Lettre de la Ministre par Marc Maklhouf
La cérémonie était présidée par M. Marc Makhlouf, sous-préfet de Châteaubriant-Ancenis, qui a lu le message de Mme Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, co-signé par Mme Alice Rufo, ministre déléguée. Un texte dense et vibrant, qui a retracé le chemin parcouru depuis la capitulation nazie.
Le sous-préfet a rappelé d’emblée les circonstances historiques : « Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai, à Reims, était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne. Le 8 mai 1945, enfin, après des années d’épreuves, d’horreurs et de combats, l’Europe était libérée de l’emprise totalitaire et génocidaire nazie. »
Le message a rendu hommage à tous ceux qui ont refusé de céder, en convoquant des figures emblématiques. Citant Marc Bloch, fusillé en juin 1944, la ministre a rappelé que les responsables de la débâcle avaient « estimé très tôt naturel d’être battus », avant de saluer ceux qui choisirent l’inverse : « Ce furent les cent trente-trois pêcheurs de l’île de Sein, les cinquante-deux premières engagées volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce fut Jacques Lusseyran, lycéen non-voyant de 16 ans qui rassembla autour de lui les Volontaires de la liberté, avant d’être déporté à Buchenwald. Ce furent des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes convictions, avec leurs peurs et leurs doutes, mais unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder. »
La lettre a également évoqué les combattants venus d’ailleurs, honorant « les soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique, tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, remontant jusqu’à Berlin », ainsi que les sous-mariniers du Casabianca et les commandos Kieffer, « débarqués à l’aube du 6 juin 1944. »
Simone Veil a été citée en exemple de ce que cette victoire a engendré : « rescapée d’Auschwitz, qui fit de sa vie une œuvre de réconciliation et de paix », son idéal européen fut présenté comme « la réponse à la haine par la force du droit. »
Le message s’est conclu sur un appel aux jeunes générations, invitant à transmettre « le patriotisme agissant que le général Leclerc confiait aux hommes de la 2e DB en leur faisant ses adieux », ce peuple que « ni le malheur militaire, ni la faillite des institutions, ni le mensonge, ni la violence n’ont pu détourner de son éternelle vocation. »
Vive l’Europe libre. Vive la République. Et vive la France !




