Châteaubriant : la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme
La Cour des comptes épingle la dégradation des finances de cette sous-préfecture de Loire-Atlantique, révélant les contradictions entre nécessités sociales et capacités d'investissement dans une commune où le taux de pauvreté atteint 18 %.
Châteaubriant : la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme sur les finances de la commune la plus pauvre de Loire-Atlantique.
Dans un rapport rendu public, la juridiction financière épingle la dégradation de la situation budgétaire de cette ville de 12 000 habitants au nord du département.
La commune de Châteaubriant (Loire-Atlantique) navigue en eaux troubles. Châteaubriant porte le poids de ses contradictions. Cette sous-préfecture de 12 000 habitants cumule les difficultés : avec un taux de pauvreté de 18 % en 2021 – soit près du double de la moyenne départementale (10,5 %) et supérieur à la moyenne nationale (14,9 %) –, elle affiche paradoxalement des ambitions d’investissement qui dépassent largement ses capacités financières. Un rapport en date du 26 septembre 2025 de la Cour des comptes dresse un constat sans appel sur cette situation qui illustre les impasses auxquelles se heurtent de nombreuses communes françaises.
Châteaubriant est dans une spirale financière préoccupante
L’équation financière de Châteaubriant révèle un déséquilibre structurel inquiétant. Entre 2019 et 2024, les charges de gestion ont progressé plus rapidement que les recettes, érodant drastiquement la capacité d’autofinancement de la commune. Cette détérioration s’est traduite par un recours systématique à l’emprunt qui place aujourd’hui la collectivité en situation critique.

Les chiffres sont éloquents : seuls 56 % des investissements ont pu être autofinancés sur la période, contraignant la municipalité à s’endetter massivement pour financer ses projets, notamment ceux liés au dispositif national “Action Cœur de Ville”. La capacité de désendettement dépasse désormais dix années, franchissant le seuil critique d’alerte fixé par les analystes financiers.
Plus alarmant encore, la trésorerie municipale ne couvre que 23 jours d’activité, très en deçà des 30 à 60 jours recommandés par les standards de gestion publique. Cette fragilité financière place Châteaubriant dans une situation de vulnérabilité extrême, où chaque imprévu budgétaire pourrait compromettre le fonctionnement des services publics.
Des défaillances comptables symptomatiques
Au-delà des questions budgétaires, la Cour des comptes révèle des lacunes préoccupantes dans la gestion comptable. Malgré une dématérialisation complète de la comptabilité d’engagement, l’absence de procédures internes de contrôle nuit à la sincérité des comptes publics. Les opérations de fin d’exercice et le suivi des restes à réaliser – ces dépenses engagées mais non encore payées – présentent des faiblesses qui compromettent la fiabilité de l’information financière.
Les magistrats pointent également des dépassements récurrents des délais réglementaires de paiement, pratique qui expose la collectivité à des pénalités financières supplémentaires. Les provisions obligatoires n’ont été mises en œuvre qu’en novembre 2024, témoignant d’un retard inquiétant dans la mise en conformité administrative. L’absence d’inventaire physique exhaustif des actifs complète ce tableau de défaillances dans la gestion patrimoniale.
Des finances sous tension
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2019 et 2024, Châteaubriant a vu ses charges de gestion augmenter plus rapidement que ses recettes, entraînant « une dégradation importante de sa capacité d’autofinancement », selon les magistrats de la Chambre régionale des comptes. Cette évolution défavorable s’inscrit dans un contexte d’investissements massifs liés au programme « Action Cœur de Ville », dispositif national de revitalisation des centres urbains.

Pour financer ces projets structurants, la municipalité a eu recours à l’endettement de manière « forte », note la Cour. Conséquence directe : la capacité de désendettement de la commune atteint désormais plus de dix années en 2024, frôlant dangereusement le seuil d’alerte communément admis par les analystes financiers.
Plus inquiétant encore, le niveau de trésorerie ne permet plus de faire face qu’à vingt-trois jours d’activité, bien en deçà du délai prudentiel de trente jours généralement recommandé. Cette situation place Châteaubriant dans une position de vulnérabilité financière qui nécessite des mesures correctives immédiates.
La juridiction financière préconise également l’intensification de la lutte contre la vacance des logements, notamment par des mesures fiscales adaptées, et encourage la mise en place d’un plan local d’urbanisme intercommunal pour optimiser la gestion foncière.
Des comptes à fiabiliser
Au-delà des questions budgétaires, la Cour des comptes pointe des défaillances dans la gestion comptable de la commune. L’absence de procédure de contrôle interne de la chaîne comptable génère des « erreurs nuisant à la sincérité des comptes », particulièrement concernant les restes à réaliser – ces dépenses engagées mais non encore payées.
Les magistrats relèvent également des dépassements fréquents du plafond réglementaire des délais de paiement, une pratique qui peut exposer la collectivité à des pénalités. Les provisionnements obligatoires, par ailleurs, n’ont été initiés qu’en novembre 2024, témoignant d’un retard dans la mise en conformité administrative.
La juridiction financière recommande également la réalisation d’un inventaire physique exhaustif des biens mobiliers et immobiliers, étape indispensable à une gestion patrimoniale rigoureuse.
La vacance des logements demeure problématique et nécessite un renforcement des mesures correctives.
Gouvernance et participation citoyenne
La Cour des comptes identifie également des améliorations à apporter en matière de gouvernance locale. Le droit à la formation des élus, notamment pour les formations obligatoires en début de mandat, n’est pas suffisamment respecté. Cette lacune peut compromettre « le plein exercice de leur mandat », estiment les rapporteurs.
Au delà du rapport, il est de notoriété publique que les élus de l’opposition ne reçoivent les dossiers que tardivement. Depuis toujours le manque de transparence est une marque d’Alain Hunault dans la gestion de la ville de Châteaubriant. Depuis presque un quart de siècle qu’il est aux manettes et comme avant lui, son père, le pouvoir reste entre ses mains. Les élus de sa majorité sont aujourd’hui lassés de cette gouvernance.
Un redressement nécessaire des finances de Châteaubriant
Face à ces constats, la juridiction financière appelle la municipalité à une réaction rapide. La maîtrise des charges, particulièrement les charges générales, et l’examen des « leviers d’augmentation des recettes » constituent les priorités immédiates.
Ce rapport intervient alors que de nombreuses communes françaises font face à des difficultés budgétaires croissantes, prises en étau entre des besoins d’investissement importants et des ressources contraintes. Pour Châteaubriant, commune déjà fragilisée par sa situation économique, l’enjeu est de taille : réussir sa mue urbaine sans compromettre son équilibre financier.
L’usure du pouvoir et les mauvaises habitudes prises
Dans le quotidien, en plus de ce rapport, on constate que depuis 2001 qu’Alain Hunault est aux commandes de Châteaubriant, maire, et président de la communauté de communes, il a pris la fâcheuse habitude de décider seul. La population vieillissante l’a toujours réélu sur des promesses.
Il a pour lui quelques instruments de propagande, comme un site internet et un magazine sur papier glacé qui ne parlent que de ses exploits. Cela coûte très cher à la collectivité. La ville paie pour être dans des classements bidons.” la ville la plus ceci ou la plus cela “. Le maire de Châteaubriant a également le soutien de l’hebdomadaire local qui copie/colle ce qu’on leur dit de dire. Ce journal était longtemps en partie la propriété du beau-frère du maire. Son adjoint à la communication, a effectué le gros de sa carrière professionnelle, comme pisse-copie dans cet hebdomadaire. La porosité est grande et le lectorat qui baisse chaque année n’est pas dupe.
Alain Hunault profite de la situation de la commune inscrite en zone de revitalisation rurale, qui bénéficie d’un Quartier Prioritaire de la Ville. Les deux dispositifs permettent de bénéficier de subventions. C’est donc à Châteaubriant, une position malsaine. Dans les années à venir, les subventions se feront plus rares, chaque ministère serrant les cordons de la bourse, la situation financière de la Châteaubriant est réellement préoccupante.
Le maire actuel, Alain Hunault, semble vouloir se représenter aux prochaines élections municipales de mars 2026. Si tel était le cas, espérons que les électrices et électeurs seront lucides.
