Châteaubriant

Châteaubriant : on se mobilise contre les violences sexistes

Un rassemblement pour lutter contres les violences faites aux femmes, sur le parvis du marché couvert de Châteaubriant, mardi 25 novembre, à 18 h.

Châteaubriant : on se mobilise contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

L’Union Locale CGT et le groupe « Des-orientations Féministes Festival » appellent à un rassemblement le 25 novembre à 18 heures devant le Marché Couvert. Face à la recrudescence de témoignages de harcèlement dans le bassin d’emploi, le syndicat tire la sonnette d’alarme sur un phénomène massif et systémique.

Le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’Union Locale CGT de Châteaubriant organisera un rassemblement devant le Marché Couvert à 18 heures. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte préoccupant : de plus en plus de femmes du pays de Châteaubriant se confient au syndicat sur des situations de harcèlement sexuel ou de management toxique dans leurs entreprises.

Un fléau qui touche tous les secteurs

Dans le pays de Châteaubriant, les témoignages affluent dans des entreprises de la métallurgie, mais aussi de l’agroalimentaire, de la grande distribution ou du matériel de santé. Les chiffres nationaux dressent un tableau alarmant : 9 % des viols ou tentatives de viols ont lieu au travail, 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail.

Plus inquiétant encore : 70 % de ces victimes de violences au travail déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur. Le silence règne, par crainte de représailles ou par manque de confiance dans les dispositifs existants. Et quand elles osent parler, les victimes subissent trop souvent une double peine : 40 % estiment que la situation s’est réglée en leur défaveur, par une mobilité forcée voire un licenciement.

La victime punie, l’agresseur protégé

« Force est de constater que dans la plupart des situations, la victime n’est pas entendue », déplore l’Union Locale CGT dans son communiqué. La solution envisagée par les employeurs ? Trop souvent, la mutation de la victime. « La démission après souvent de longs arrêts de travail devient l’échappatoire pour les victimes afin de se protéger », dénonce le syndicat.

Châteaubriant : on se mobilise contre les violences sexistes

Cette réalité locale fait écho à un constat national : les violences sexistes et sexuelles au travail ne sont pas des cas isolés mais traduisent un système d’inégalités et de domination. « Les femmes sont également le plus souvent la cible de harcèlement de la part de managers toxiques », souligne le communiqué.

Les employeurs ont des obligations

La CGT rappelle que l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses employé·es, y compris en matière de violences sexistes et sexuelles. Dans le privé comme dans le public, la loi est claire : l’employeur doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir les faits de harcèlement sexuel, y mettre un terme et les sanctionner.

Concrètement, cela implique des actions de prévention, la mise en place de plans dédiés, la formation du personnel encadrant et des dispositifs de signalement effectifs. Si ces obligations ne sont pas respectées, les victimes peuvent saisir la justice civile pour demander réparation.

« Ne restez pas seul·e »

Le message du syndicat aux victimes et témoins de violences est clair : « Dites-vous bien que ce n’est pas lié à vous, c’est malheureusement le lot de beaucoup de femmes. Les violences sexistes et sexuelles concernent toutes les femmes au travail comme dans la vie, qu’elles soient cadres ou ouvrières, jeunes ou pas, pauvres ou riches. »

L’Union Locale CGT encourage les personnes concernées à contacter le syndicat : « Ensemble, vous établirez la meilleure stratégie pour faire cesser les violences, mettre l’employeur devant ses responsabilités, obtenir protection et réparation et que l’auteu·re soit sanctionné. Toutes les actions menées seront faîtes avec votre accord. »

Un week-end de mobilisation

Le rassemblement du 25 novembre s’inscrit dans un programme d’actions organisées par le DOFF (Des Orientations Féministes Festival) lors du week-end du 21 au 23 novembre. Le collectif, né il y a plusieurs années au sein de la chorale Las Marisposas, organise depuis novembre un festival féministe dans le pays de Châteaubriant avec pour objectif d’échanger et de sensibiliser le public sur des problématiques féministes en milieu rural.

« Pour prévenir les violences et y mettre fin, on la joue collectif ! », martèle la CGT. Le syndicat appelle l’ensemble des salarié·e·s du bassin d’emploi de Châteaubriant à participer au rassemblement du 25 novembre à 18 heures devant le Marché Couvert. Un acte de solidarité pour que cessent enfin les violences sexistes et sexuelles au travail.

Pratique : Rassemblement le mardi 25 novembre à 18 h devant le Marché Couvert de Châteaubriant. Programme complet du DOFF sur la page Facebook « Des-orientations Féministes Festival ».