
Pour sa deuxième journée de prise en fonction, le préfet de Loire-Atlantique avait choisi d’aller sur le terrain. Il l’avait lui-même annoncé le matin même en préfecture, lors d’une rencontre avec la presse départementale.
Les forces de sécurité intérieure ont multiplié les opérations de contrôles routiers sur les routes de Loire-Atlantique, en parallèle des nombreuses opérations de prévention menées sur l’ensemble du département.
C’est à l’aire de péage du Bignon, à une douzaine de kilomètres au sud de Nantes sur l’axe vers Niort, Bordeaux et l’Espagne, que Laurent Hottiaux, préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, était attendu par les gendarmes pour procéder à un contrôle de sécurité routière, ce mardi 21 juillet 2026 à 19 h. Il s’est déplacé aux côtés du général Laurent Le Gentil, commandant du groupement de gendarmerie des Pays de la Loire, ce dernier quitte prochainement Nantes pour Rochefort.
Lors de ce contrôle, les militaires ont vérifié les papiers des automobilistes, leur état d’alcoolémie, une éventuelle prise ou détention de stupéfiants, ainsi que la conduite sous protoxyde d’azote. Pour la détection des stupéfiants, un binôme composé d’un chien et d’un gendarme était mobilisé. Des cars de voyageurs longue distance et low cost étaient également contrôlés par les militaires et les bagages des voyageurs, passés par l’odorat du fin limier.
Le chef d’escadron Lionel Tanguy, chef d’escadron départemental de contrôle des flux (EDCF), était également présent, dirigeant 13 gendarmes venus des brigades de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Pornic et Saint-Herblain.
« Il n’y a aucun relâchement des forces de l’ordre »
« Il n’y a aucun relâchement du travail des forces de l’ordre, sauf que les accidents sont plus mortels que l’année dernière », explique le chef d’escadron Lionel Tanguy. Il précise toutefois que le nombre d’accidents et de blessés reste, lui, en net recul.
Sur les causes de cette accidentalité, le chef d’escadron est clair : « Les causes principales des accidents, en première cause ça reste l’alcoolémie. Après la deuxième cause c’est le non-respect des règles de priorité. Et la troisième cause c’est l’inattention. » Une inattention le plus souvent liée à l’usage du téléphone au volant : « On aime bien faire un rapprochement avec l’usage du téléphone portable, puisque c’est ça qui crée l’inattention 9 fois sur 10. »
Difficile, selon lui, de mesurer précisément l’effet des contrôles menés sur le terrain : « L’action prévention est très très compliquée à quantifier. En revanche, il est certain que plus on est dehors et plus on agit, rien que par notre présence. » Une présence qui inclut aussi des contrôles de vitesse ciblés, considérés comme un indicateur d’alerte : « Une vitesse, c’est déjà un premier signe pour nous d’un comportement qui peut être plus déviant. »
Sur la répartition alcool/stupéfiants, le chef d’escadron note une évolution : « On fait moins d’alcoolémies qu’à une époque, mais ça a été compensé par le nombre de conduites sous stupéfiants, parce qu’on en fait plus qu’il y a 10 ans. »
Un bilan préoccupant pour le préfet
Revenant sur ses propos tenus le matin même devant la presse, Laurent Hottiaux a dressé un constat plus sévère encore : « Depuis le début de l’année, nous avons enregistré 35 personnes décédées contre 25 au même moment l’année dernière », un chiffre qu’il qualifie d’augmentation très importante, malgré une baisse globale du nombre de blessés et d’accidents.
« Les raisons sont connues, c’est souvent soit la vitesse, soit l’alcool. »
Face à ce constat, le préfet revendique une mobilisation renforcée depuis le début de l’année : 1 600 suspensions administratives de permis de conduire ont été prononcées, et près de 900 véhicules ont été immobilisés grâce à l’action conjointe de la police et de la gendarmerie.
Le préfet avait par ailleurs précisé que la sécurité et la lutte contre le narcotrafic étaient sa priorité numéro un. Il souhaite notamment se concentrer sur le démantèlement des points de deal, le renforcement des forces de l’ordre, l’application ferme de la loi Narcotrafic et de la loi RIPOST. En s’adaptant aux spécificités du littoral, il souhaite aussi améliorer le travail conjoint de la justice et de la sécurité routière.
Visuel de Une : © Alain Moreau/Vidéo : © Emma Moreau.



