Loire-Atlantique

Loi agricole : la sénatrice Marie-Pierre Bessin-Guérin explique son abstention

La sénatrice de Loire-Atlantique Marie-Pierre Bessin-Guérin s'est exprimée sur les réseaux sociaux pour justifier son abstention lors du vote du projet de loi agricole à la chambre haute, dans un climat où la ministre de l'Environnement a mis sa démission en jeu face à la réintroduction envisagée de l'acétamipride et le flupyradifurone.

Élue d’un territoire rural, la sénatrice rappelle en préambule sa proximité avec les réalités du monde agricole. Pour nos exploitants, écrit-elle, « l’agriculture n’est pas seulement une activité économique : elle façonne nos paysages, fait vivre nos communes, entretient nos territoires et constitue un pilier essentiel de notre souveraineté alimentaire ».

Elle dresse ensuite le constat des difficultés accumulées ces dernières années par la profession, entre hausse des charges, aléas climatiques, concurrence internationale et poids administratif. Une situation qui appelle selon elle « des réponses concrètes, de la stabilité et un véritable accompagnement pour préparer l’avenir ».

Sur le texte lui-même, Marie-Pierre Bessin-Guérin dit reconnaître des avancées utiles au monde agricole. Elle ne cache toutefois pas ses réserves sur l’article 2 quater, qui ouvre la voie à une réintroduction dérogatoire de deux substances phytosanitaires actuellement interdites en France, l’acétamipride et le flupyradifurone.

À ce sujet, elle affirme ne pouvoir « rester sourde aux fortes craintes exprimées par le monde médical, ni aux inquiétudes des Français », évoquant des interrogations sur les conséquences possibles pour l’environnement, la qualité de l’eau et la santé publique.

Marie-Pierre Bessin-Guérin plaide pour donner les moyens à la recherche

La sénatrice plaide pour une autre voie, celle de la recherche et de l’innovation, afin de donner aux exploitants les moyens de concilier performance économique et protection de l’environnement, plutôt que de rouvrir la porte à des produits controversés.

Elle insiste également sur la question de la concurrence internationale, jugeant incompréhensible que des produits importés puissent entrer sur le marché français sans respecter les mêmes normes sanitaires et environnementales que celles imposées aux producteurs nationaux. Une exigence de réciprocité qu’elle relie directement à la défense de la souveraineté alimentaire.

C’est l’addition de ces éléments qui l’a conduite à s’abstenir plutôt qu’à voter pour ou contre le texte. Elle présente ce choix comme « une position d’équilibre », entre reconnaissance des avancées du projet de loi pour le monde agricole et prudence assumée face à une disposition qu’elle juge sensible.

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