
Pornic et Saint-Brevin-les-Pins ont signé mardi 22 septembre 2026 un avenant à leur protocole sur l’ouverture dominicale des grandes surfaces alimentaires. L’enseigne Fresh rejoint les signataires qui s’engagent à garder portes closes le dimanche matin, un créneau laissé aux marchés, aux commerces de quartier et au centre-ville.
Le dimanche matin, sur la côte de Jade, appartient aux étals du marché, aux boulangeries et aux boutiques du centre. C’est en tout cas le choix que défendent depuis 2018 les villes de Pornic et de Saint-Brevin-les-Pins, qui ont renouvelé leur engagement mardi 22 septembre 2026 à l’Hôtel de Ville de Pornic.
Dorothée Pacaud, maire de Saint-Brevin-les-Pins et Antoine Hubert, maire de Pornic, y ont officialisé la signature d’un avenant au protocole d’accord relatif à l’ouverture dominicale des grandes surfaces alimentaires.
Fresh rejoint le dispositif
L’objet principal de cet avenant tient à l’arrivée d’un nouvel acteur. L’enseigne Fresh, récemment implantée à Pornic, entre désormais dans le dispositif. La liste des signataires comprend ainsi E. Leclerc Pornic, E. Leclerc Saint-Brevin-les-Pins, Super U Pornic, Intermarché Pornic, Lidl Pornic et Saint-Brevin-les-Pins, ainsi que Fresh Saint-Brévin-les-Pins et Pornic.

Toutes s’engagent à ne pas ouvrir le dimanche matin. Deux exceptions sont prévues par le protocole : les poissonneries, et les ouvertures des 24 et 31 décembre lorsque ces dates tombent un dimanche.
Le texte de fond, signé le 26 juin 2023, reste en vigueur jusqu’au 25 juin 2028. L’avenant ne modifie pas son économie générale, il l’élargit à une enseigne qui n’existait pas sur le territoire au moment de la signature.
Un accord volontaire, pas une obligation légale
La démarche mérite d’être soulignée parce qu’elle va à rebours de la tendance nationale. Le Code du travail autorise en effet les commerces de détail alimentaire à ouvrir le dimanche jusqu’à 13 h, sans autorisation particulière. Rien n’oblige donc un hypermarché ou un supermarché à rester fermé ce matin-là.
À Pornic et à Saint-Brevin-les-Pins, c’est un engagement contractuel, porté par les deux communes en partenariat avec la CCI Nantes St-Nazaire et les acteurs de la grande distribution, qui organise ce retrait.
Pour les enseignes, l’intérêt de rejoindre l’accord tient aussi à l’équité entre concurrents : l’engagement n’a de sens que s’il est partagé.
L’arrivée d’un nouvel acteur non signataire aurait pu fragiliser l’ensemble, d’où la nécessité de l’avenant.
C’est le cas à Châteaubriant, l’enseigne Fresh a ouvert récemment et la casse de l’emploi est à prévoir. Depuis des années le commerce du centre-ville est moribond et la CDAC autorise toujours plus d’implantations en périphérie
En zone commerciale, Intermarché, Lidl ouvrent le dimanche matin et depuis trois semaines, c’est au tour de Super U d’accueillir le chaland le dimanche matin. A la question posée au directeur du Super U, la réponse est nette : » Si les autres ferment le dimanche matin, je ferme aussi ».
La périphérie face au centre-ville
L’enjeu dépasse la seule question des horaires. Partout en France, le modèle des grandes surfaces installées en entrée de ville, avec leurs parkings et leurs galeries, a pesé sur l’équilibre des centres anciens. Vitrines vides, rues commerçantes qui se vident en semaine, marchés qui peinent à se renouveler : le phénomène touche des villes de toutes tailles, et les communes littorales n’y échappent pas, même si l’activité touristique en atténue parfois les effets l’été.
Le dimanche matin reste l’un des rares moments où le commerce de centre-ville conserve un avantage. C’est le créneau traditionnel du marché, de la sortie à la boulangerie, du passage chez le primeur ou le fromager. Laisser les grandes surfaces ouvrir à ce moment-là reviendrait à leur céder aussi ce terrain.
Le protocole assume précisément cette logique de complémentarité. Selon la Ville de Pornic, il vise à préserver un équilibre entre les grandes surfaces alimentaires d’un côté, et les commerces de centre-ville, les marchés et les commerces de quartier de l’autre, traditionnellement ouverts le dimanche matin. Leur présence ce jour-là est jugée importante pour les habitants comme pour les visiteurs, dans deux communes où la fréquentation touristique compte.
Les salariés aussi concernés
La collectivité met également en avant une autre dimension : les conditions de travail des salariés de la grande distribution. Un dimanche matin non travaillé dans ces enseignes, c’est aussi un temps préservé pour le personnel, argument régulièrement avancé dans les débats sur le travail dominical.
Avec cet avenant, Pornic et Saint-Brevin-les-Pins confirment une orientation constante depuis huit ans. Reste à savoir si ce modèle de régulation locale, fondé sur l’accord plutôt que sur la contrainte, inspirera d’autres communes de Loire-Atlantique confrontées au même déséquilibre entre périphérie et cœur de ville.




