
Joël Guerriau condamné à 18 mois ferme pour avoir drogué Sandrine Josso.
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi l’ancien sénateur à quatre ans de prison dont dix-huit mois ferme. Sans exécution provisoire, il ne sera pas incarcéré avant son appel.
La décision est tombée après deux jours d’audience. Joël Guerriau, 68 ans, devra verser 5 000 euros à Sandrine Josso et suivre une obligation de soins. Le mandat de dépôt différé ne s’appliquera qu’à l’issue de la procédure d’appel, déjà engagée par la défense.
Les juges ont établi que l’ancien sénateur de Loire-Atlantique a volontairement administré de la MDMA à sa collègue députée lors d’un dîner dans son appartement parisien le 14 novembre 2023. L’objectif : commettre un viol ou une agression sexuelle.
Une soirée programmée
Ce soir-là, Sandrine Josso croyait célébrer la réélection de son ami politique. Elle s’est retrouvée seule avec lui. Le champagne servi contenait une dose massive d’ecstasy : 388 nanogrammes par millilitre de sang, soit deux fois une consommation habituelle. La pureté du produit atteignait 91 %. Palpitations, tremblements, confusion. La députée a quitté précipitamment l’appartement en voyant son hôte ranger un sachet. Direction l’hôpital, où les analyses ont confirmé l’intoxication.
Les preuves accumulées
La perquisition a révélé 30 grammes de MDMA au domicile de Guerriau. Son historique internet, daté d’un mois avant les faits, contenait des recherches sur « drogue », « viol », « GHB » et « comment acheter de la MDMA ». Des messages avec la victime avaient été supprimés.
L’ancien sénateur a plaidé l’accident : il aurait mis la drogue dans un verre pour lui la veille, puis resservi ce même verre à son invitée par erreur. Le tribunal n’a pas retenu cette version.
Un paradoxe judiciaire
Joël Guerriau a été condamné pour une infraction qu’il a lui-même votée. En 2018, comme sénateur, il a approuvé la loi créant le délit d’administration de substance en vue d’une agression sexuelle. Le procureur a rappelé cette ironie lors de son réquisitoire.
À la sortie du tribunal, Sandrine Josso s’est déclarée « apaisée ». Elle a ajouté sobrement : « Maintenant, je vais pouvoir me reposer. » Depuis les faits, la députée de Loire-Atlantique, dirige un groupe de travail parlementaire sur la soumission chimique qui a produit cinquante recommandations.
L’affaire sera rejugée en appel.
Joël Guerriau est depuis octobre 20225, remplacé à son siège de sénateur, par un femme, Marie-Pierre Guérin-Bessin, ancienne maire de la Meilleraye-de-Bretagne, commune du nord de la Loire-Atlantique à 18 km au sud de Châteaubriant.
Visuel de Une : CC Paul Brounais.