
Ce mercredi, 8 avril 2026, un vrai soleil de printemps tape la façade du Théâtre Graslin. Alexandra Lacroix présente à la presse sa toute première saison à la tête d’Angers Nantes Opéra. À ses côtés, Nicolas Dufetel, président représentant Angers Loire Métropole, et Aymeric Seassau, vice-président représentant Nantes Métropole, incarnaient le soutien politique d’une institution bicéphale qui, depuis Nantes et Angers, rayonne bien au-delà de la Loire. Depuis le 1er janvier 2026, date de sa prise de fonction effective , après une période de tuilage avec Alain Surrans, son prédécesseur parti à la retraite, la nouvelle directrice générale et artistique n’a pas perdu une minute. La saison 2026-2027 qu’elle dévoile en est la preuve éclatante.
L’amour en quatre actes
Le fil conducteur de cette saison inaugurale ? L’amour et ses épreuves / Les preuves d’amour. Une thématique déployée en quatre « variations », chacune articulée autour d’un opéra majeur du répertoire, prolongée par une constellation de concerts, spectacles de danse, rencontres et performances pluridisciplinaires.
La première variation, Amour mortel, s’ouvre dès octobre avec Orphée et Eurydice de Gluck, dans une mise en scène signée Lorraine de Sagazan , ancienne pensionnaire de la Villa Médicis qui signe là sa première production lyrique, sous la direction musicale d’Alphonse Cemin. Le mythe romantique par excellence, mais regardé avec un œil neuf, moins complaisant envers ses propres conventions.

Décembre voit arriver la deuxième variation, Passion possession, avec The Carmen case, une œuvre contemporaine co-signée par la compositrice Diana Soh et… Alexandra Lacroix elle-même, qui endosse ici aussi le rôle de librettiste et metteuse en scène. À partir de Bizet, le procès d’un féminicide : l’audience est ouverte, le public en position de jurés. Un acte artistique et politique, dirigé musicalement par Lucie Leguay.
Mars 2027 apporte la troisième variation, Cœur trompé, avec Così fan tutte de Mozart, mis en scène par Phia Ménard sous la baguette de Nicolas Ellis. La metteuse en scène choisit de relire l’opéra par le regard des enfants , lucidité désarmante garantie.
La saison se clôt avec Amour toujours et Werther de Massenet, dans une nouvelle production portée par Ted Huffman à la mise en scène et la cheffe Chloé Dufresne en fosse, avec Julien Behr et Lucie Peyramaure dans les rôles-titres.
Bien plus qu’un opéra
Ce qui frappe dans la programmation d’Alexandra Lacroix, c’est son refus de cantonner l’opéra à lui-même. Chaque variation est entourée d’un écosystème : les concerts participatifs Toutes voix dehors, à 7 euros, pensés avec le chœur maison ; les Mondes croisés, série de rencontres musicales entre esthétiques éloignées ; des soirées cabaret avec Julie Fuchs (Je te veux) ou Sabine Devieilhe (Smile, mise en scène par Laurent Pelly) ; et le RING Lab, laboratoire de création lyrique regroupant quatre artistes en résidence.

La saison ménage aussi une grande première : le festival OP’ en famille, un mois entier, octobre 2026, consacré au jeune public à Angers et Nantes, avec cinq spectacles dont une Carmen, opéra paysage itinérante et une Petite Balade aux enfers dès 6 ans.
En attendant l’ouverture de la prochaine saison, Alexandra Lacroix vous propos de répondre à une question simple : pour vous, c’est quoi l’amour ?
Un opéra ancré dans son temps
Tarifs de 3 à 80 euros, générales jeunes à 10 euros, bourse aux billets pour lutter contre le no-show, audiodescription, séances inclusives : Alexandra Lacroix entend faire de cette maison un opéra résolument ouvert. Son projet tient en trois mots : incarner, coopérer, rayonner. La saison 2026-2027 donne le ton , et la partition s’annonce généreuse.
Ouverture des ventes : mercredi 24 juin 2026.
Visuel de Une © Jean-Louis Fernandez.




