Grand-Auverné

Le Grand-Auverné inaugure un nouvel habitat inclusif

C'est une maison bleue adossée à une structure et à des gens qui y ont cru dès le départ. On s'y retrouve ensemble. Au Grand-Auverné, au coeur d'un bocage que l'on ne traverse que si l'on sait où l'on va, dix jeunes adultes porteurs de handicap ont trouvé depuis fin mars ce que beaucoup cherchent toute leur vie : un chez-soi, à leur rythme, sans être seuls pour autant.

Grand-Auverné. Une commune de quelques centaines d’âmes, à une quinzaine de kilomètres au sud de Châteaubriant, en direction d’Ancenis. Et pourtant, c’est ici que vient de s’écrire une page qui mérite d’être lue.

Le 10 juin 2026, La Maison Bleue Alverne a été inaugurée officiellement. Dix maisonnettes blanches, posées sur un ancien terrain agricole au sud-est du bourg, organisées autour d’un espace de vie commun. Dix jeunes adultes, âgés de 19 à 35 ans, la plupart porteurs de troubles du spectre de l’autisme, y habitent depuis fin mars.

Complet dès l’ouverture

Ce n’est ni un foyer, ni un appartement ordinaire. C’est quelque chose entre les deux, ce que l’on appelle désormais l’habitat inclusif. Chaque résident dispose de son propre logement d’environ 40 m², avec salon, chambre, cuisine et un jardin privatif. Mais il peut aussi, quand il en a envie et seulement quand il en a envie, rejoindre l’espace partagé de 120 m², avec cuisine collective, salle à manger, salon, buanderie et espace balnéo.

Une utopie concrète posée au milieu des champs

Alexandra, 24 ans, résidente, résume mieux que n’importe quel communiqué ce que cela représente pour elle : elle ne voulait pas vivre en foyer, ne voulait pas être en permanence avec d’autres personnes, voulait la campagne et le calme. Elle a trouvé tout cela ici.

L’architecture elle-même a été pensée pour des personnes hypersensibles aux stimulations sensorielles. Cloisons à haute performance acoustique, revêtements limitant les nuisances sonores. On a réfléchi avant de construire, ce qui n’est pas si fréquent.

On s’y retrouve ensemble

Le projet a été initié par l’association La Maison Villeneuve, fondée en 2018 par des parents de jeunes avec TSA. Réalisé par Habitat 44, le bailleur social du Département, il est géré au quotidien par VYV3 Pays de la Loire. Une animatrice-coordinatrice, Estelle Delcorde, est présente cinq jours par semaine.

L’ADMR assure une permanence 24 h/24, 7 j/7. Le financement, 1,9 million d’euros au total, associe fonds propres d’Habitat 44, subventions du Département (380 000 euros), de la Région (200 000 euros) et emprunts à la Banque des Territoires, complétés par de nombreux mécènes privés.

À deux pas du site, le tiers-lieu végétal Jardécosème, porté lui aussi par La Maison Villeneuve, ouvre une fenêtre sur la vie locale et le monde extérieur.

La réalité du projet, des gens qui y ont cru

Ce qui frappe, dans ce projet, c’est la cohérence. La cohérence entre l’intention et la réalisation. Vivre chez soi sans être seul. La formule est simple, presque banale. Et pourtant, la mettre en œuvre a demandé huit ans de travail associatif, plusieurs partenaires institutionnels, une architecture sur mesure et des financements croisés.

Le territoire de Châteaubriant-Derval connaît en ce moment une concentration rare de ce type d’initiatives. Il y a quelques jours à peine, c’est la résidence Les Eaux Vives, à Châteaubriant, rue Mal Lyautey, qui était inaugurée. Deux projets, deux approches, un même constat de départ : le pays castelbriantais manque de logements adaptés pour les personnes les plus fragiles, et quelques acteurs locaux ont décidé de ne pas attendre que la solution vienne d’ailleurs.

Visuel de Une : © Habitat 44

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