Loire-Atlantique

Violences dans les lycées : le recteur, la Région et les écologistes réagissent, un car Aléop attaqué à Nantes

Une soixantaine de lycées de l'académie de Nantes ont connu des mouvements ce jeudi 1er octobre. Le recteur condamne les violences et réunit les lycéens vendredi, la Région annonce des plaintes après l'attaque d'un car Aléop à Nantes et l'agression d'un agent à Laval, tandis que les écologistes refusent tout amalgame avec les mobilisations pacifiques.

Le bilan de la journée s’est alourdi au fil des heures. Ce jeudi 1er octobre, une soixantaine de lycées de l’académie de Nantes ont été concernés par des mouvements de nature et d’ampleur très variables, selon le rectorat. Après le préfet Laurent Hottiaux, qui a promis la fermeté, et Johanna Rolland, qui a mis en cause le Gouvernement, le recteur, la Région des Pays de la Loire et le groupe L’Écologie Ensemble ont à leur tour pris position.

Le préfet de la Loire-Atlantique et de la région Pays de la Loire, Laurent Hottiaux, et le recteur de la région académique, Raphaël Muller, ont réuni, ce jeudi, les chefs des établissements publics et privés touchés par les violences et les incendies de la journée, afin de leur apporter leur soutien ainsi qu’à leurs équipes éducatives.

Le message est clair : aucune violence ne sera tolérée. Les forces de l’ordre ont procédé à 35 interpellations dans la journée. Le préfet a également décidé de renforcer leur présence à Nantes et a pris un arrêté interdisant tout rassemblement aux abords de certains établissements scolaires dès demain matin, vendredi 2 octobre. Les contrevenants encourent six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.

Le recteur réunit les lycéens vendredi

Dans plusieurs établissements, les mouvements se sont accompagnés de violences graves et de dégradations importantes, qui ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre et des pompiers. Le rectorat fait état de tirs de mortiers d’artifice, de feux de poubelles et de dégradations. Au lycée Nelson-Mandela, l’incendie volontaire a fortement endommagé le hall d’entrée.

Le recteur condamne « avec la plus grande fermeté » toute forme de violence. Il apporte son soutien aux professeurs et à l’ensemble des personnels, et salue la réactivité et le sang-froid des équipes de direction, qui ont travaillé avec les autorités académiques et les forces de sécurité pour protéger élèves et personnels.

Le rectorat refuse pour autant de jeter le discrédit sur la parole lycéenne : « La liberté d’expression des lycéens et le droit de défendre des convictions sont essentiels. Ils ne sauraient être entachés par la violence. »

Le recteur et les directeurs académiques se disent disponibles pour échanger avec les jeunes.

Vendredi 2 octobre, le recteur réunira les élus du conseil académique de la vie lycéenne pour échanger sur leurs aspirations.

Un car Aléop attaqué près de La Colinière

À proximité du lycée La Colinière, à Nantes, des individus masqués et armés ont attaqué jeudi matin un car Aléop de la ligne 330, alors que des passagers se trouvaient à bord. Plusieurs vitres ont été brisées.

Le conducteur a poursuivi sa route pour mettre les passagers à l’abri, avant de les faire descendre dans un endroit sécurisé.

La Région des Pays de la Loire salue son sang-froid et son professionnalisme. Elle condamne une attaque qui a mis en danger le conducteur et ses passagers : « Aucune revendication ne peut justifier de tels actes. »

La ligne est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Une décision qui pénalise tous les usagers privés de leur transport, souligne la collectivité.

La Région va porter plainte

Pour la Région, les manifestations et blocages ont touché une dizaine de lycées des Pays de la Loire et donné lieu à des violences. Elle relève des vitres cassées dans un lycée nantais, des intrusions et le confinement des élèves dans un autre établissement de la ville. À Laval, un agent régional a été agressé physiquement dans un lycée.

« La liberté d’expression et le droit de manifester ne peuvent jamais justifier la violence, qui n’a pas sa place dans nos lycées et dans notre République », affirme la Région, qui annonce des plaintes pour l’ensemble de ces faits. Elle apporte son soutien à l’agent agressé et remercie les agents régionaux, les équipes de direction et les personnels éducatifs mobilisés pour assurer la sécurité des établissements et la continuité du service public.

Les écologistes refusent l’amalgame

Le groupe L’Écologie Ensemble condamne les violences, mais réaffirme son soutien plein et entier aux mobilisations lycéennes, dès lors qu’elles restent pacifiques et respectueuses des personnes et des biens.

Présente jeudi matin aux lycées Guist’hau et Clemenceau, sa présidente Lucie Etonno (Les Écologistes) trace la ligne de partage : « Les dégradations et les violences matérielles commises aujourd’hui doivent être condamnées sans ambiguïté. Mais elles ne sauraient être assimilées aux mobilisations lycéennes dans leur ensemble, ni servir de prétexte pour discréditer les revendications portées pacifiquement par les élèves. »

William Aucant, conseiller régional et municipal (La France insoumise), était devant les lycées Guist’hau et Mandela. Il affirme que « des individus extérieurs aux mobilisations appartenant à un groupuscule violent ont cherché à infiltrer les mobilisations pour tenter d’attiser les violences. Ce groupuscule violent a utilisé le même mode opératoire sur plusieurs lycées nantais. Les jeunes que nous soutenons n’ont rien à voir avec ça. »

Le groupe soutient aussi les agents de la Région, qui doivent selon lui être mis en sécurité par la présidente de Région. Il lui demande de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour assurer la continuité de la scolarité et l’accueil des élèves, en particulier des internes et des terminales. « Aucun lycéen ne doit être pénalisé dans ses conditions d’études du fait des dégradations commises par ce groupuscule violent. »

Visuel de Une : « Avec mon équipe, nous sommes mobilisés et très préoccupés par la situation dans les lycées, en France et particulièrement à Nantes », a déclaré Johanna Rolland. © compte Facebook de Johanna Rolland.

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